Ce mois-ci, nous avons lu et analysé un ouvrage américain proposé par un de nos lecteurs. Un ouvrage qui date de l’an 2000, sur le thème du futur de l’économie, et de nos modes de vie : L’âge de l’accès de Jeremy Rifkin. L’essayiste nous y décrit que l’avenir de l’économie réside dans la vente de la culture et des services, bien plus que les marchandises et les biens physiques. Nous voyons avec le recul que ce livre a déjà influencé nos économies, mais qu’il ne prenait pas alors en compte tous les paramètres qui ont émergé au cours de la dernière décade…

Jeremy Rifkin, spécialiste de la prospective économique
D’après Wikipedia, “Jeremy Rifkin est un essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique. Il est également fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends ou FOET) basée à Washington.” Il a également la particularité d’influencer l’Europe, ”en tant que conseiller de dirigeants de gouvernement et de chefs d’État, et il a travaillé comme conseiller personnel de Romano Prodi”, ancien président de la Commission Européenne. A noter également, ” le magazine politique américain National Journal l’a classé dans sa liste des 150 personnes les plus influentes en ce qui concerne la politique américaine.”
La nouvelle culture du capitalisme : tout miser sur la culture et l’usage
Rifkin fait le bilan et nous décrit les changements dans l’économie moderne : l’ère du matériel est révolue, et importe bien peu à coté de la culture et des sensations. De par le développement des machines et de l’augmentation de la productivité, notre population a su dégager du temps pour la culture.
Les nouvelles technologies permettent quand à elles de créer le lien social, procurer des sensations fortes, développer une culture mondiale, et de vendre des services associés à travers la toile. Et avec le développement des pays émergents, l’accès facilité à la technologie va accélérer ce phénomène. L’auteur pense même que l’accès à ces technologies sera désormais discriminant : vous serez connectés…ou laissé pour compte dans la nouvelle société.
D’autre part, la propriété est pour l’auteur un concept révolu, mais se développe plutôt la location et la culture de l’usage : ainsi vous n’achetez plus de voiture, mais vous en louez quand vous en avez besoin. C’est valable pour tout ce qui est matériel.
L’accès à cette culture se fait donc par le Web, et les réseaux virtuels. Et c’est le contrôle des portes de ces accès virtuels qui sont l’enjeu du contrôle planétaire désormais. Cette vision peut expliquer les travaux en cours sur la régulation d’Internet avec ACTA par exemple.
Le dernier chapitre tient compte de l’écologie, mais non des aspects CO2 et énergie liés à ces nouveaux développements.
L’influence par la preuve
De manière très objective, nous ne pouvons savoir si Jeremy Rifkin a modelé l’économie mondiale, mais nous pouvons remarquer que l’influence semble avoir montré son effet entre 2000 et 2010, puisque la plupart des grandes entreprises ont axé leur stratégie sur les services, bien plus que sur la fabrication de biens ! Prenez l’exemple de HP (qui au passage a légèrement fait marche arrière) en s’orientant vers les services !
La critique Econov’
L’âge de l’accès est un essai qui mérite, surtout 10 ans après sa publication, d’être mis à la lumière des évènements de la décade. L’angle de l’auteur est très différent de ce que nous pouvons voir par ailleurs, et touche à plusieurs thématiques à la fois : économie, société, culture, développement durable.
Le livre nous décrit une société qui retrouve le lien social avec Internet, et qui ne vend plus que de la culture, car la production de biens est tellement productive qu’elle n’occupe qu’une part infime de la population. Le matériel reste pourtant le socle sur lequel cette nouvelle économie se construit : abondance matérielle qui permet la technologie et ce nouveau lien social. La propriété disparaît, mais les émissions CO2 liées au matériel ne disparaissent pas !
Avec la lumière verte d’Econov’, nous remarquons que ce livre n’insiste pas assez sur l’avenir durable de l’humanité, mais reste sur le développement des services, et de la culture. Les aspects énergétiques n’étant pas traités au début des années 2000, l’impasse semble faite ! Un point qui semble traité dans son nouveau livre Une nouvelle conscience pour un monde en crise.
Dernier point intéressant dans la réflexion, un passage décrit la culture comme le 2e pilier de la civilisation, celui qui fait vivre l’économie. grâce à la confiance sociale. Rifkin voit la culture comme remplacement de la religion pour le lien social. Ceci mérite réflexion, notamment en mettant cela au regard du développement économique et des changements au Proche et Moyen-Orient, ainsi que les pays Arabes, où des gouvernements dits Islamiques modérés donnent une confiance à l’économie par le développement d’une culture et croyance musulmane. Ce lien culturel semble donc bien pouvoir favoriser le développement de l’économie tel que nous la connaissons.
Acheter ce livre
Comme chaque mois, vous pouvez acheter le livre de notre sélection sur Amazon:
En Français :
En Anglais :
Retrouvez une interview de Jeremy Rifkin à propos d’énergie: http://www.rue89.com/2011/05/06/jeremy-rifkin-partageons-l-energie-comme-l-information-202691
















