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Ce mois-ci, nous nous sommes intéressés à la collecte et au recyclage des déchets électroniques, les DEEE (ou D3E pour les intimes) qui sont gérés en France par plusieurs éco-organismes agréés par l’Etat. Nous avons pris contact avec l’un d’entre eux, Ecologic, afin d’en savoir plus !

 

INTERVIEW de Romuald RIBAULT, Directeur Marketing chez Ecologic’

 

logo ecologic Eco organismes et recyclage des D3E, interview de Romuald RIBAULT, Directeur Marketing chez Ecologic’

La Rédaction Econov’ : Bonjour Monsieur,

Merci de nous accorder une interview afin de nous présenter votre éco-organisme. Pourriez-vous d’abord nous présenter Ecologic et nous parler de votre rôle au sein de l’organisation?

Romuald Ribault : L’éco-organisme Ecologic est né du besoin de recycler et traiter les déchets électroniques. Pour resituer le contexte réglementaire Européen, la directive DEEE a été approuvée par l’Union Européenne en 2005 afin d’imposer le tri sélectif et le recyclage des déchets électroniques. Avant, les déchets étaient tout simplement enfouis La directive impose également des performances de collecte croissantes, tant et si bien qu’en 2014, il est prévu de collecter 10kg de DEEE par habitant, soit 670 000 tonnes de DEEE rien qu’en France. Ce chiffre représente le recyclage de l’équivalent en fer de 184 Tour Eiffel, 419 tours de Terre avec un fil de cuivre et 64 320 000 barils de pétrole non consommés.

La directive DEEE s’appuie sur le principe de la Responsabilité Elargie du Producteur (REP) pour engager ce dernier à assumer la gestion de ses produits en fin de vie. Pour assumer cette responsabilité, les industriels peuvent s’organiser collectivement en déléguant cette mission à des tiers. C’est pourquoi l’éco-organisme Ecologic a été créé, afin de gérer la collecte et le recyclage des D3E.

Pour ma part je suis en charge du Marketing au sein d’Ecologic. J’ai pour rôle de créer de la valeur avec des partenaires, de sensibiliser le plus grand nombre, avec ce principe qui est : collecter mieux, recycler plus.

La Rédaction Econov’ : Quel est le statut de votre organisme ?

Romuald Ribault : Ecologic est une société par action simplifiée, donc une société privée, agréée par trois ministères (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable du transport et du Logement – Ministère de l’Intérieur, de l’Outre mer, des Collectivités Territoriales et de l’Immigration – Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie) pour endosser la responsabilité des producteurs pour gérer la fin de vie des équipements mis sur le marché. Statutairement, Ecologic a une mission d’intérêt générale, et n’a pas de but lucratif

La Rédaction Econov’ : Quel est votre mode d’action dans le cycle de vie des équipements électroniques et votre mode de fonctionnement ?

Romuald Ribault : Nous fonctionnons selon deux modèles dédiés à deux types de clients distincts : les ménages et les entreprises.

Concernant les ménages, les producteurs s’organisent collectivement pour la collecte et le recyclage des D3E. Les distributeurs ont pour obligation de reprendre votre ancien équipement contre l’achat d’un équipement neuf équivalent. Cette règle s’appelle le « 1 pour 1 », et bientôt ce sera la règle du 1 pour 0.

Ecologic organise en partie un réseau de déchèterie orientée DEEE (20000 en France), et prend en charge les déchets massifiés par type de DEEE vers les  sites de traitement. Pour mesurer la qualité du traitement et le taux de valorisation des DEEE, Ecologic audite très régulièrement ses opérateurs partenaires. Le prix de la fin de vie étant inclus à la vente, nous percevons l’éco-contribution sur les produits. Le total des éco-contributions perçues est réparti entre les éco-organismes, au nombre de trois : Ecologic, ERP, et Eco-systèmes.

Concernant les entreprises, la solution est individuelle car il n’y a pas de règle de 1 pour 1. Nous fournissons des prestations de tri et de recyclage de D3E à chaque entreprise.

Toutefois le marché tend vers une mutualisation de la collecte pour un meilleur rendement. Ecologic a postulé en Septembre 2011 à l’obtention d’un agrément d’éco-organisme professionnel pour gérer les déchets des entreprises. Nous saurons bientôt si l’agrément nous est accordé !

La Rédaction Econov’ : Quels services fournissez-vous dans la prestation pour les entreprises?

Romuald Ribault : Nous assurons la traçabilité, la collecte, le tri et le recyclage des DEEE. Pour cela, nous fournissons des BSD (Bordereau de suivi des déchets), des certificats de destruction. Nous avons également un service de destruction de données pour assurer la confidentialité des entreprises.

La Rédaction Econov’ : Mettez-vous en œuvre des moyens de former les usagers et aider à chiffrer vos services ?

Romuald Ribault : Oui, nous avons mis en place la plateforme e-déchet permettant de calculer en ligne le coût de gestion des DEEE des entreprises par plusieurs méthodes, de la plus simple à la plus détailler. Le tri-virtuel, permettant de comprendre et maitriser l’enlèvement mutualisé, l’enlèvement en vrac. Il est ainsi possible de faire un devis précis. Plus d’information ici : http://www.e-dechet.com/.

La Rédaction Econov’ : Comment se finance Ecologic ?

Romuald Ribault : Ecologic se finance principalement par la perception de l’éco-contribution forfaitaire des consommateurs, effort auquel chacun d’entre nous participe à l’achat d’un produit électronique. D’autre part, les services personnalisés apportés aux entreprises permettent de financer ces actions.

La Rédaction Econov’ : En quoi votre entreprise et votre démarche sont-elles durables?

Romuald Ribault : Tout simplement parce que nous nous focalisons sur un point trop souvent négligé dans les achats : l’analyse du cycle de vie complète, puisque nous permettons de valoriser les produits en prenant en compte leur fin de vie « responsable » dès l’acte d’achat. L’économie d’énergie et le gain environnemental permis par un produit innovant est sans effet si on ne gère pas sa fin de vie correctement! C’est pourquoi Ecologic participe à valoriser l’achat durable. Il y a également un point sur la responsabilité sociétale et sociale, puisque cela permet de générer des emplois utiles, notamment pour des catégories socioprofessionnelles en difficulté : nous travaillons beaucoup avec les ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) et l’entreprenariat social et solidaire. La filière a créé plus de 3000 emplois depuis 2006.

De plus, nous agissons en amont pour proposer de meilleures méthodes de conception et fabrication aux fabricants.

La Rédaction Econov’ : En quoi votre entreprise et votre démarche sont-elles innovantes ?

Romuald Ribault : Nous réalisons une démarche interne au niveau développement durable et Green IT. D’ailleurs, nous sommes membres actifs de l’AGIT, Alliance Green IT (http://www.alliancegreenit.org/).

D’autre part, nous innovons dans le changement comportemental en sensibilisant les gens, mais aussi en étudiant des sujets techniques tels que les études logistiques, afin d’organiser le transport fluvial des déchets par exemple, et des études d’éco-conception, avec l’exemple de copieurs, où nous avons poussé le fabricant à réduire le nombre de vis utilisées pour un gain de temps de traitement !

La Rédaction Econov’ : Ecologic est donc un éco-organisme agréé par l’Etat qui cherche à organiser et améliorer le recyclage des déchets électroniques, tout en innovant sur tous les maillons de la chaine !

Merci pour votre accueil, et à bientôt sur Econov’ !

Plus d’informations sur :

http://www.ecologic-france.com/

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Ce mois-ci, nous avons lu et analysé un ouvrage américain proposé par un de nos lecteurs. Un ouvrage qui date de l’an 2000, sur le thème du futur de l’économie, et de nos modes de vie : L’âge de l’accès de Jeremy Rifkin. L’essayiste nous y décrit que l’avenir de l’économie réside dans la vente de la culture et des services, bien plus que les marchandises et les biens physiques. Nous voyons avec le recul que ce livre a déjà influencé nos économies, mais qu’il ne prenait pas alors en compte tous les paramètres qui ont émergé au cours de la dernière décade…

 Top AgeAccess LAge de laccès de Jeremy Rifkin, un livre sur la nouvelle culture du capitalisme, une vision durable ?

Jeremy Rifkin, spécialiste de la prospective économique

D’après Wikipedia, “Jeremy Rifkin est un essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique. Il est également fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends ou FOET) basée à Washington.” Il a également la particularité d’influencer l’Europe, ”en tant que conseiller de dirigeants de gouvernement et de chefs d’État, et il a travaillé comme conseiller personnel de Romano Prodi”, ancien président de la Commission Européenne. A noter également, ” le magazine politique américain National Journal l’a classé dans sa liste des 150 personnes les plus influentes en ce qui concerne la politique américaine.”

La nouvelle culture du capitalisme : tout miser sur la culture et l’usage

Rifkin fait le bilan et nous décrit les changements dans l’économie moderne : l’ère du matériel est révolue, et importe bien peu à coté de la culture et des sensations. De par le développement des machines et de l’augmentation de la productivité, notre population a su dégager du temps pour la culture.

Les nouvelles technologies permettent quand à elles de créer le lien social, procurer des sensations fortes, développer une culture mondiale, et de vendre des services associés à travers la toile. Et avec le développement des pays émergents, l’accès facilité à la technologie va accélérer ce phénomène. L’auteur pense même que l’accès à ces technologies sera désormais discriminant : vous serez connectés…ou laissé pour compte dans la nouvelle société.

D’autre part, la propriété est pour l’auteur un concept révolu, mais se développe plutôt la location et la culture de l’usage : ainsi vous n’achetez plus de voiture, mais vous en louez quand vous en avez besoin. C’est valable pour tout ce qui est matériel.

L’accès à cette culture se fait donc par le Web, et les réseaux virtuels. Et c’est le contrôle des portes de ces accès virtuels qui sont l’enjeu du contrôle planétaire désormais. Cette vision peut expliquer les travaux en cours sur la régulation d’Internet avec ACTA par exemple.

Le dernier chapitre tient compte de l’écologie, mais non des aspects CO2 et énergie liés à ces nouveaux développements.

L’influence par la preuve

De manière très objective, nous ne pouvons savoir si Jeremy Rifkin a modelé l’économie mondiale, mais nous pouvons remarquer que l’influence semble avoir montré son effet entre 2000 et 2010, puisque la plupart des grandes entreprises ont axé leur stratégie sur les services, bien plus que sur la fabrication de biens ! Prenez l’exemple de HP (qui au passage a légèrement fait marche arrière) en s’orientant vers les services !

La critique Econov’

L’âge de l’accès est un essai qui mérite, surtout 10 ans après sa publication, d’être mis à la lumière des évènements de la décade. L’angle de l’auteur est très différent de ce que nous pouvons voir par ailleurs, et touche à plusieurs thématiques à la fois : économie, société, culture, développement durable.

Le livre nous décrit une société qui retrouve le lien social avec Internet, et qui ne vend plus que de la culture, car la production de biens est tellement productive qu’elle n’occupe qu’une part infime de la population. Le matériel reste pourtant le socle sur lequel cette nouvelle économie se construit : abondance matérielle qui permet la technologie et ce nouveau lien social. La propriété disparaît, mais les émissions CO2 liées au matériel ne disparaissent pas !

Avec la lumière verte d’Econov’, nous remarquons que ce livre n’insiste pas assez sur l’avenir durable de l’humanité, mais reste sur le développement des services, et de la culture. Les aspects énergétiques n’étant pas traités au début des années 2000, l’impasse semble faite ! Un point qui semble traité dans son nouveau livre Une nouvelle conscience pour un monde en crise.

Dernier point intéressant dans la réflexion, un passage décrit la culture comme le 2e pilier de la civilisation, celui qui fait vivre l’économie. grâce à la confiance sociale. Rifkin voit la culture comme remplacement de la religion pour le lien social. Ceci mérite réflexion, notamment en mettant cela au regard du développement économique et des changements au Proche et Moyen-Orient, ainsi que les pays Arabes, où des gouvernements dits Islamiques modérés donnent une confiance à l’économie par le développement d’une culture et croyance musulmane. Ce lien culturel semble donc bien pouvoir favoriser le développement de l’économie tel que nous la connaissons.

Acheter ce livre

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Retrouvez une interview de Jeremy Rifkin à propos d’énergie: http://www.rue89.com/2011/05/06/jeremy-rifkin-partageons-l-energie-comme-l-information-202691

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Categories: IT, Livres