Econov.eu

Le site d'information sur l'innovation et le développement durable

Archives de la catégorie ‘Réglementation’

Bonjour,

Ce mois-ci, nous profitons du retour du beau temps et des changements politiques pour vous parler d’énergie solaire, avec une interview exclusive de Julien Chirol, en charge du développement commercial de Panasonic en France sur le secteur du photovoltaïque. Pour lui, il est temps de redonner confiance aux particuliers qui souhaitent investir dans cette énergie d’avenir.

 

Top ITw Panasonic PV Redonner confiance au marché du photovoltaique Français ! Interview de Julien Chirol , Panasonic (ex Sanyo)

 

Panasonic, nouvel acteur sur le marché du solaire photovoltaïque résidentiel

Panasonic, entreprise japonaise de renom, devient en 2012 un nouvel acteur majeur dans le secteur du photovoltaïque. “Panasonic a racheté l’entreprise Sanyo en 2011, qui distribuait en France depuis 2002 ses solutions photovoltaïques, et sa gamme de produits dont les modules HIT ont définitivement pris le nom de Panasonic au 1er avril 2012 “, nous confie Julien Chirol.

“Nos centres de R&D se situent au Japon et en Allemagne. Notre site de production Européen se situe en Hongrie, et nous visons le  marché résidentiel domestique, grâce à une marque reconnue comme gage de sécurité, de qualité et de haut rendement. Nous proposons en effet une gamme de panneaux photovoltaïques associant du silicium monocristallin et amorphe, permettant d’avoir un meilleur rendement par mauvais temps ou par température élevée, pour un prix légèrement supérieur aux technologies traditionnelles. Nous sommes le seul fabricant à publier les chiffres de notre suivi qualité, avec un taux de défaillance extrêmement bas de 0,0023%.”

Le marché Français en 2012

C’est un fait avéré, le marché du photovoltaïque Français est assez morose avec la baisse des subventions et aides de l’Etat. Mais la question est plus profonde car pour Julien Chirol, “il s’agit d’une perte de confiance à deux niveaux :

  • diminution des subventions et crédits d’impôts, diminuant l’intérêt financier,
  • mauvaises expériences de certains premiers clients avec des entreprises qui n’ont pas travaillé de façon suffisamment professionnelle”

Ce climat morose inquiète donc les industriels pour leur développement en France.

Redonner dès maintenant confiance au marché français

Pour le responsable commercial, “le marché résidentiel photovoltaïque français est à l’arrêt, et il faut au plus vite redonner confiance aux clients. C’est pourquoi nous participons à plusieurs initiatives dans le but de relancer le marché français, notamment avec d’autres fabricants. Nous avons ainsi participé à la création d’InSoCo (www.insoco.fr), une association de fabricants, installateurs et distributeurs ayant pour but de toucher les clients finaux et les intermédiaires et de faire améliorer la qualité des installations.

Plusieurs propositions

“Nous avons également soumis plusieurs propositions au nouveau gouvernement Français pour sortir de l’impasse :

  • Communication du Gouvernement en faveur des énergies renouvelables et notamment du solaire photovoltaïque, ce qui permettrait de redonner un soutien à la filière
  • Changement des lois et réglementations : par exemple, en finir avec la fixation des tarifs d’achats tous les 3 mois (en réalité tous les 2 mois car publiés en retard). Aussi, il faudrait supprimer la limitation à 3kW pour le taux réduit de TVA.
  • Prime pour le Made In Europe (comme  c’est le cas en Italie) : il s’agit d’une bonne  solution pour améliorer la qualité et relancer la production européenne, mais le contrôle reste difficile.
  • Prime à l’autoconsommation : pour limiter l´impact sur le réseau, il faut encourager les gens à consommer lorsqu´ils produisent de l´électricité verte. Ceci, encouragera de plus les solutions de stockage d´énergie à long terme.
  • Donner plus de pouvoir aux régions avec des possibilités de subventions. Par exemple, Solaire Direct en Poitou-Charentes peut se développer grâce à la Région et ses aides. L’ensemble des régions estiment pouvoir atteindre un objectif total de production de 13GW d’ici 2020.

Mais force est de constater que les gouvernements Européens, en pleine crise économique, cherchent avant tout à réaliser des économies.

Et la parité réseau dans tout cela ?

Pour Julien Chirol, « le plus tôt sera le mieux, car cela donne de la stabilité au marché et une capacité pour les industriels et les opérateurs réseau à anticiper l´intégration du photovoltaïque. »

La Rédaction Econov : quelles sont vos actions en matière de développement durable ?

Panasonic a mis en place plusieurs actions en faveur de l’environnement. Par exemple, nous assurons la conformité à la directive RoHS sur le matériel photovoltaïque. Nous sommes aussi membre fondateur de PV Cycle, organisme qui assure le recyclage des panneaux photovoltaïques.

Au niveau de la conception également, nous nous attachons à ce que nos panneaux aient une durée de vie de 30 ans environ, et que l’amortissement de la production de CO2 inhérente à leur fabrication soit effective entre 2 et 4 ans. Nous optimisons les émissions de CO2 de notre activité, avec pour objectif de réduire de 1 000 tonnes les émissions dans les bureaux (avec pour référence 2009), et 7 000 tonnes dans les usines (référence 2006) d’ici 2018.

Nous développons des programmes avec les écoles en fournissant notamment du matériel et des formations.

Quelle est votre analyse de la concurrence ?

Julien Chirol : “La concurrence dans le secteur photovoltaïque vient aujourd’hui des fabricants chinois, qui pratiquent un dumping fort. Pour nous, il est préférable de lutter sur le plan de la qualité des panneaux, et d’apporter une solution globale aux acheteurs.

Pour les marchés asiatiques, nous avons récemment ouvert une usine en Malaisie avec une capacité de production de 300MW, et ce notamment pour ne pas être affecté par le taux de change défavorable du Yen japonais.”

Quelles sont vos innovations en 2012 ?

Julien Chirol : “Cette année, nous proposons des panneaux avec cadre noir et fond noir pour améliorer leur esthétique et toucher une clientèle plus sensible au design. Toutefois, l’entreprise étant dans une stratégie de réduction de coûts de production, nous ne présenterons pas d’autre gamme de panneaux en 2012.

A l’occasion des Jeux Olympiques de Londres, nous réalisons toutefois une installation de 1MW sur le pont de Blackfriars, qui sera le plus grand pont photovoltaïque au monde.

article pont solaire 300x194 Redonner confiance au marché du photovoltaique Français ! Interview de Julien Chirol , Panasonic (ex Sanyo)

En conclusion, quel serait votre message à nos lecteurs pour 2012 ?

Julien Chirol : “A tous les français, je voudrais dire : ayez confiance,  achetez de la qualité, pour profiter de votre installation photovoltaïque pendant 25 à 30 ans. Nous souhaitons également faire appel au bon sens de nos nouveaux dirigeants politiques afin qu’ils nous aident à redonner vie à une technologie d’avenir.”

 

Credit Panasonic 2 300x224 Redonner confiance au marché du photovoltaique Français ! Interview de Julien Chirol , Panasonic (ex Sanyo)

 

Crédits photo : Panasonic

 

Partagez cet article :
 avatar

Programme d’action pour l’efficacité energétique, le Grenelle revivrait-il ?

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 22 février 2012 à 08h49 1 Commentaire

Bonjour,

Le Grenelle de l’Environnement vous a laissé entrevoir l’espoir d’un développement nouveau en France, celui de l’économie verte, de la biodiversité, des économies d’énergies. Après bientôt 5 ans, et deux lois édulcorées selon les envies et besoins d’intérets particuliers, qu’en est-il aujourd’hui de l’élan stratégique commun ? Le programme d’action pour l’efficacité énergétique publié en Décembre 2011 par le Ministère de l’Environnement tente de remettre en place une stratégie d’économie d’énergie. Qu’en penser ? Analysons-le !

Top GrenelleRevival Programme daction pour lefficacité energétique, le Grenelle revivrait il ?

 

Un programme d’action synthétique et clair, avec 3 axes majeurs

Le programme d’action publié en décembre 2011 propose à la manière d’un Agenda 21 plusieurs actions à mettre en oeuvre dans plusieurs domaines. Voici les 3 axes et les actions les plus significatives :

Compétitivité des entreprises grâce aux économies d’énergie

Soutenir les travaux d’économies d’énergie dans les entreprises

  • Action 1 : Prêter 100 M€ à taux bonifiés de 2 % (distribués par OSEO) pour aider les entreprises de moins de 50 salariés à réaliser des travaux d’économies d’énergie : c’est une solution, qui a ses propres travers que l’on connait : augmentation des prix du marché, et incitation limitée…
  • Action 3 : Amplifier le dispositif des certificats d’économie d’énergie avec une troisième période 2014-2016 plus ambitieuse : pourquoi pas, mais pourquoi réserver cela aux grands opérateurs ?

Soutenir une offre de services et technologies propres à l’efficacité énergétique

  • Action 4 : Inciter à la qualification des professionnels du bâtiment pour améliorer la qualité des travaux en mettant en place une conditionnalité des aides

Soutenir les changements de comportements

  • Action 5 : Fixer une obligation d’extinction des enseignes lumineuses commerciales entre 1h à 6h du matin Entrée en vigueur 1er juillet 2012 : Fallait-il attendre 2012 ?
  • Action 6 : Etudier une obligation d’extinction des éclairages extérieurs et intérieurs des bâtiments non résidentiels : Faut-il encore étudier la question à l’heure où les technologies d’automatisation sont là ?
  • Action 10 : Inciter à mettre en oeuvre la norme ISO 50 001 (systèmes de management de l’énergie) en bonifiant les certificats d’économies d’énergie concernés : des efforts et des coups supplémentaires qui pourraient rapporter aux entreprises

Economies d’énergie pour les ménages

Les ménages représentent en toute logique un axe important d’économie d’énergie. Le programme d’action propose d’étendre des solutions existantes de financement à taux zéro (Eco-PTZ, …) afin d’inciter à la rénovation énergétique des bâtiments, tant au niveau individuel que collectif.

  • Action 1 : Approfondir les dispositifs d’aide à la rénovation thermique de l’habitat : cumul du crédit d’impôt développement durable et de l’écoprêt à taux zéro, et extension de l’éco-prêt à taux zéro aux syndicats de copropriété
  • Action 2 : Fiabiliser les diagnostics de performance énergétique (DPE) : il serait temps ! Mais la méthode de contrôle sans spécialiste ne semble pas la plus performante dans ce cas. Les solutions trouvées paraissent peu convaincantes…
  • Action 3 : Renforcer le programme « Habiter mieux » : aider les personnes dans la précarité énergétique
  • Action 5 : Reconduire l’éco-prêt logement social (éco-PLS) pour les bailleurs sociaux

 

Exemplarité de l’Etat dans l’efficacité énergétique

Accélérer la prise en compte de l’efficacité énergétique dans la commande publique

  • Action 1 : Consolider les réseaux d’acheteurs publics existants et les étendre aux régions non couvertes
  • Action 2 : Lancer un grand plan d’achat public « performance énergétique »

Accélérer la rénovation de l’éclairage public

  • Action 3 : Apporter une subvention de l’ADEME aux communes de moins de 2 000 habitants pour réaliser une rénovation de leur éclairage public : ceci peut faire économiser très sérieusement de l’énergie aux collectivités !

Développer les solutions de mobilité durable

  • Action 5 : Développer de nouveaux mécanismes de financement des projets des petites collectivités :  soutien en investisseur de la Caisse des Dépôts ou de ses filiales,  levée de freins réglementaires, réalisation de guides méthodologiques. Franchement, cela manque d’idée par ici, appelez-nous !

 

De l’efficacité énergétique peu innovante

Après 5 ans de réflexion, de travaux, d’investissements dans l’efficacité energétique, ce plan d’action se montre comme du cola superlight, où plutôt du café réchauffé à quelques mois d’une écheance électorale.

L’exemplarité de l’état doit passer par une sérieuse remise en question de ses choix d’investissement, et de gestion des appels d’offres public. Les critères de choix portés sur le respect de l’environnement et l’efficacité énergétique pourront pousser les entreprises à améliorer leurs offres. Le choix du moins disant participe également à la limitation de l’investissement durable.

Donner la chance a de petites entreprises innovantes peut également permettre aux collectivités de se rendre efficaces, tant au niveau des services dont ils disposeront, car modernes et innovants, que leur soutien au développement d’emploi local.

Les économies d’énergies dans les ménages restent quant à elle très difficilement accessibles au grand nombre et leur interet financier limité. Pourquoi ? La multiplication de documents administratifs poussent plutôt au développement d’une burocratie dans les ménages et les entreprises afin de pouvoir profiter d’incitations économiques : Eco-PTZ, aides fiscales, CEE. Tous ces dispositifs ne font donc que limiter la réelle efficacité. Mécaniquement, ce temps passé dans les dossiers, sans valeur ajoutée, se traduit par une perte de compétitivité des entreprises françaises. L’incitation se transformant en contrainte

Le Grenelle ne revivra pas

A l’heure où les niches fiscales sont remises en cause, les investissements sur le long terme négligés, et le temps long oublié, la création d’une stratégie de développement national telle que le Grenelle de l’Environnement ne devrait pas revoir le jour. L’urgence n’est pas à la structuration d’un avenir durable. C’est pourquoi le Grenelle de l’Environnement ne revivra pas, c’est sur. Mais il est surtout possible d’agir sans l’aide de l’Etat. Il suffirait au moins qu’il n’y ait pas le blocage de l’Etat. Professionnels, vous devez savoir de quoi il est question …

Ce programme d’action pour l’efficacité énergétique repose les bases de ce qui a été prévu il y a 5 ans, à l’heure où certains pays ont déjà mis des choses en oeuvre. Il faudrait aller plus vite et plus loin, en ayant une démarche durable, et non de fuite en avant, en mettant en place de nouvelles actions avec des anciennes méthodes. Il faudra innover dès la base !

Pour plus d’information, télécharger le document ici : 2011-12-16_Programme_d_actions

Partagez cet article :

Ce mois-ci, nous nous sommes intéressés à la collecte et au recyclage des déchets électroniques, les DEEE (ou D3E pour les intimes) qui sont gérés en France par plusieurs éco-organismes agréés par l’Etat. Nous avons pris contact avec l’un d’entre eux, Ecologic, afin d’en savoir plus !

 

INTERVIEW de Romuald RIBAULT, Directeur Marketing chez Ecologic’

 

logo ecologic Eco organismes et recyclage des D3E, interview de Romuald RIBAULT, Directeur Marketing chez Ecologic’

La Rédaction Econov’ : Bonjour Monsieur,

Merci de nous accorder une interview afin de nous présenter votre éco-organisme. Pourriez-vous d’abord nous présenter Ecologic et nous parler de votre rôle au sein de l’organisation?

Romuald Ribault : L’éco-organisme Ecologic est né du besoin de recycler et traiter les déchets électroniques. Pour resituer le contexte réglementaire Européen, la directive DEEE a été approuvée par l’Union Européenne en 2005 afin d’imposer le tri sélectif et le recyclage des déchets électroniques. Avant, les déchets étaient tout simplement enfouis La directive impose également des performances de collecte croissantes, tant et si bien qu’en 2014, il est prévu de collecter 10kg de DEEE par habitant, soit 670 000 tonnes de DEEE rien qu’en France. Ce chiffre représente le recyclage de l’équivalent en fer de 184 Tour Eiffel, 419 tours de Terre avec un fil de cuivre et 64 320 000 barils de pétrole non consommés.

La directive DEEE s’appuie sur le principe de la Responsabilité Elargie du Producteur (REP) pour engager ce dernier à assumer la gestion de ses produits en fin de vie. Pour assumer cette responsabilité, les industriels peuvent s’organiser collectivement en déléguant cette mission à des tiers. C’est pourquoi l’éco-organisme Ecologic a été créé, afin de gérer la collecte et le recyclage des D3E.

Pour ma part je suis en charge du Marketing au sein d’Ecologic. J’ai pour rôle de créer de la valeur avec des partenaires, de sensibiliser le plus grand nombre, avec ce principe qui est : collecter mieux, recycler plus.

La Rédaction Econov’ : Quel est le statut de votre organisme ?

Romuald Ribault : Ecologic est une société par action simplifiée, donc une société privée, agréée par trois ministères (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable du transport et du Logement – Ministère de l’Intérieur, de l’Outre mer, des Collectivités Territoriales et de l’Immigration – Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie) pour endosser la responsabilité des producteurs pour gérer la fin de vie des équipements mis sur le marché. Statutairement, Ecologic a une mission d’intérêt générale, et n’a pas de but lucratif

La Rédaction Econov’ : Quel est votre mode d’action dans le cycle de vie des équipements électroniques et votre mode de fonctionnement ?

Romuald Ribault : Nous fonctionnons selon deux modèles dédiés à deux types de clients distincts : les ménages et les entreprises.

Concernant les ménages, les producteurs s’organisent collectivement pour la collecte et le recyclage des D3E. Les distributeurs ont pour obligation de reprendre votre ancien équipement contre l’achat d’un équipement neuf équivalent. Cette règle s’appelle le « 1 pour 1 », et bientôt ce sera la règle du 1 pour 0.

Ecologic organise en partie un réseau de déchèterie orientée DEEE (20000 en France), et prend en charge les déchets massifiés par type de DEEE vers les  sites de traitement. Pour mesurer la qualité du traitement et le taux de valorisation des DEEE, Ecologic audite très régulièrement ses opérateurs partenaires. Le prix de la fin de vie étant inclus à la vente, nous percevons l’éco-contribution sur les produits. Le total des éco-contributions perçues est réparti entre les éco-organismes, au nombre de trois : Ecologic, ERP, et Eco-systèmes.

Concernant les entreprises, la solution est individuelle car il n’y a pas de règle de 1 pour 1. Nous fournissons des prestations de tri et de recyclage de D3E à chaque entreprise.

Toutefois le marché tend vers une mutualisation de la collecte pour un meilleur rendement. Ecologic a postulé en Septembre 2011 à l’obtention d’un agrément d’éco-organisme professionnel pour gérer les déchets des entreprises. Nous saurons bientôt si l’agrément nous est accordé !

La Rédaction Econov’ : Quels services fournissez-vous dans la prestation pour les entreprises?

Romuald Ribault : Nous assurons la traçabilité, la collecte, le tri et le recyclage des DEEE. Pour cela, nous fournissons des BSD (Bordereau de suivi des déchets), des certificats de destruction. Nous avons également un service de destruction de données pour assurer la confidentialité des entreprises.

La Rédaction Econov’ : Mettez-vous en œuvre des moyens de former les usagers et aider à chiffrer vos services ?

Romuald Ribault : Oui, nous avons mis en place la plateforme e-déchet permettant de calculer en ligne le coût de gestion des DEEE des entreprises par plusieurs méthodes, de la plus simple à la plus détailler. Le tri-virtuel, permettant de comprendre et maitriser l’enlèvement mutualisé, l’enlèvement en vrac. Il est ainsi possible de faire un devis précis. Plus d’information ici : http://www.e-dechet.com/.

La Rédaction Econov’ : Comment se finance Ecologic ?

Romuald Ribault : Ecologic se finance principalement par la perception de l’éco-contribution forfaitaire des consommateurs, effort auquel chacun d’entre nous participe à l’achat d’un produit électronique. D’autre part, les services personnalisés apportés aux entreprises permettent de financer ces actions.

La Rédaction Econov’ : En quoi votre entreprise et votre démarche sont-elles durables?

Romuald Ribault : Tout simplement parce que nous nous focalisons sur un point trop souvent négligé dans les achats : l’analyse du cycle de vie complète, puisque nous permettons de valoriser les produits en prenant en compte leur fin de vie « responsable » dès l’acte d’achat. L’économie d’énergie et le gain environnemental permis par un produit innovant est sans effet si on ne gère pas sa fin de vie correctement! C’est pourquoi Ecologic participe à valoriser l’achat durable. Il y a également un point sur la responsabilité sociétale et sociale, puisque cela permet de générer des emplois utiles, notamment pour des catégories socioprofessionnelles en difficulté : nous travaillons beaucoup avec les ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) et l’entreprenariat social et solidaire. La filière a créé plus de 3000 emplois depuis 2006.

De plus, nous agissons en amont pour proposer de meilleures méthodes de conception et fabrication aux fabricants.

La Rédaction Econov’ : En quoi votre entreprise et votre démarche sont-elles innovantes ?

Romuald Ribault : Nous réalisons une démarche interne au niveau développement durable et Green IT. D’ailleurs, nous sommes membres actifs de l’AGIT, Alliance Green IT (http://www.alliancegreenit.org/).

D’autre part, nous innovons dans le changement comportemental en sensibilisant les gens, mais aussi en étudiant des sujets techniques tels que les études logistiques, afin d’organiser le transport fluvial des déchets par exemple, et des études d’éco-conception, avec l’exemple de copieurs, où nous avons poussé le fabricant à réduire le nombre de vis utilisées pour un gain de temps de traitement !

La Rédaction Econov’ : Ecologic est donc un éco-organisme agréé par l’Etat qui cherche à organiser et améliorer le recyclage des déchets électroniques, tout en innovant sur tous les maillons de la chaine !

Merci pour votre accueil, et à bientôt sur Econov’ !

Plus d’informations sur :

http://www.ecologic-france.com/

Partagez cet article :

Bonjour,

Vous le savez peut-être, la réglementation en matière d’affichage environnemental a encore évolué en Janvier 2012: c’était prévu, et cela devient effectif, les produits comportent une étiquette pour classifier les produits selon leur contenu COV. Mais qu’est-ce ? Les Composés Organiques Volatils, qui peuvent causer maladies, asthme par exemple. Cette action du Grenelle, présentée comme une action phare, est-elle réellement axée sur la préservation de l’environnement, où relève-t-elle simplement d’une protection sanitaire et l’amélioration de la qualité de l’air intérieur ? Comment se repérer ?

Top COV Étiquettes COV depuis le 1er Janvier 2012, la réglementation environnementale pour une meilleure information ?

Les COV expliqués, c’est mieux

Nous avons lu un ensemble d’information officielle sur la réglementation COV, mais nous avons eu un grand mal à trouver la définition précise des COV. Sans nous prétendre être des COV-Boy/COV-Girl, nous avons trouvé des explications intelligibles sur les Composés Organiques Volatils via Wikipedia notamment.

“Les composés organiques volatils, ou COV (VOC en anglais) sont des matériaux composés de carbone et d’hydrogène pouvant facilement se trouver sous forme gazeuse dans l’atmosphère.” L’origine des COV peut être anthropique (activité humaine : raffinage, évaporations de solvants organiques, imbrûlés, etc.) ou naturelle (émissions par les plantes ou certaines fermentations). Selon les cas, ils sont plus ou moins lentement biodégradables par les bactéries et champignons, voire par les plantes, ou dégradables par les UV ou par l’ozone. Les COV sont également des gaz à effet de serre.

Toutefois il y a ambiguïté dans la définition précise des COV selon leur composition chimique et leur réactivité photochimique, c’est peut-être la raison du manque de clarification.

En clair, ce sont dans la vie quotidienne les solvants, dégraissants, dissolvants, agents de conservation, agents de nettoyage, (etc.) qui contiennent des COV, et posent un risque sanitaire important pour les humains, affectant notamment la qualité de l’air intérieur. Le caractère volatil des COV permet une diffusion potentielle des émissions.et donne donc des impacts directs et indirects.

COV et santé

Effets indirects

De manière indirecte, l’effet des COV se retrouve l’augmentation de la quantité d’ozone dans les couches basses de l’atmosphère (alors qu’il en manque dans les couches hautes…). Entre 1970 et 1990, la concentration en ozone troposphérique pour l’Europe est passée de 10 ppm à 50 ppm (ppm : particules par million), soit une augmentation de plus de 2,4% par année au cours des vingt dernières années.

La conséquence principale de cette augmentation est l’accentuation de l’asthme chez les jeunes et les personnes âgées, mais pas seulement : les arbres et animaux souffrent également des COV.

L’ozone dégagée, un gaz à effet de serre, participe grandement à l’augmentation de la température de la planète, puisqu’elle absorbe, par exemple, l’infrarouge 2000 fois plus que le dioxyde de carbone pour le rayonnement terrestre.

Effets directs

Les COV sont créent de la pollution intérieure, dans les bâtiments et habitations. Ce sont les peinture, les colles et les traitements qui vous pourrissent la vie, parfois même avec de bonnes odeurs.

Les COV ont un impact direct sur la santé. L’asthme, mais aussi des liens avec la leucémie, le cancer, selon les composés : vapeurs de benzène, butadiène ont des liens prouvés avec des maladies. Mais il est difficile de donner des valeurs limites d’adsorption, d’où la difficulté d’évaluer en précision leurs effets, et les seuils à ne pas dépasser.

L’étiquette COV, depuis le 1er Janvier 2012

Il faut donc agir. Le projet de réglementation est mis en oeuvre par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable, avec pour but d’améliorer la qualité de l’air extérieure et intérieure. A compter du 1er janvier, les produits de construction et de décoration sont vendus avec une étiquette signalant leur niveau d’émission de substances volatiles polluantes.

Top COV Étiquettes COV depuis le 1er Janvier 2012, la réglementation environnementale pour une meilleure information ?

 

Pourquoi cette initiative ?

Du fait des risques pour la santé et des emissions de CO2 générées, vous l’aurez compris, la nécessité de prendre des initiatives en faveur de la protection de l’air intérieur est plus que nécessaire. Réduire les pathologies est un axe majeur, réduire la pollution de l’air et les emissions de CO2 en est plus globalement pour l’humanité.

Ainsi, chaque produit est évalué en fonction de la quantité de COV qu’il contient et qu’il dégagera : peintures, solvants, et autres produits d’intérieurs seront étiquetés de A à C. Le triple A n’existe pas, mais l’exemplarité devra s’avérer nécessaire…

Une réglementation durable ?

Sur le principe, cette réglementation vise à informer les consommateurs et à les protéger, tant pour leur santé, que l’impact CO2 de leur existence. Toutefois, nous remarquons une facilité à étiqueter les produits pour tous les critères, en espérant pousser les consommateurs vers les produits sans risque. Nous avons lu le dossier de presse officiel du Ministère, mais à aucun endroit nous n’avons pu trouver la classification des étiquettes, à combien de grammes un produit est-il A+, A, B ou C? Ne mérite-t-on pas le droit de comprendre la réglementation ? A priori, A+ est mieux pour votre santé, mais qu’arrive-t-il si vous achetez un produit C ? Pourquoi ne retire-t-on pas ces produits s’ils sont nocifs ?

La science n’est pas réservée aux scientifiques, et les consommateurs doivent savoir en quoi consiste cette notation. Si vous avez des informations, nous sommes prêts à les entendre. Vulgariser, expliquer, informer, c’est la seule solution pour éviter le développement et la vente de produits non durables (c’est à dire respectueux de l’environnement, des humains, et économiques).

Nous suivrons l’évolution de cette réglementation encore jeune, et ferons un retour sur le ressenti des consommateurs. Votre avis est le bienvenu également !

Téléchargez ici le Dossier de Presse officiel : Econov_DP_Etiquette_COV_et_qualite_de_l_air_interieur

En rapport avec la qualité de l’air, retrouvez notre interview sur les ZAPA en faveur de la qualité de l’air extérieur ici, interview de Marie Pouponneau de l’ADEME.

Partagez cet article :

L’association HQE, à l’origine de la démarche HQE, organise les 8èmes assises HQE le 14 décembre sur Paris. L’occasion pour nous de vous parler de l’association HQE et de promouvoir l’évènement dédié à la Haute Qualité Environnementale des bâtiments et infrastructures.

 

IMAGE 2010 12 01 12805741 380x214 Les 8ème Assises HQE cest pour bientôt, réservez le 14 Décembre pour parler Bâtiment !

L’Association HQE

Plateforme de la construction et de l’aménagement durables créée en 1996, l’Association HQE s’est fixée pour mission de rassembler les acteurs pour :

  • anticiper et initier la réflexion
  • contribuer au développement de l’excellence dans les territoires et les pratiques professionnelles
  • porter et défendre, du niveau local à international, l’intérêt général des acteurs

L’action de l’Association HQE porte sur les ouvrages et l’aménagement opérationnel : du logement individuel au quartier, en passant par le parc tertiaire, aussi bien pour le neuf que pour la rénovation, la réhabilitation ou l’exploitation. Son périmètre d’action s’étend depuis 2010 officiellement aux quartiers avec HQE Aménagement. En effet, la somme de bâtiments HQE ne fait pas un quartier HQE, tout comme la somme des quartiers HQE ne fait pas la ville durable pour autant. Il faut agir à chaque échelle en prenant en compte les caractéristiques de chacune, selon le contexte donné.

Les Assises HQE 2011

Cette édition est l’occasion de connaître les futurs développement de la HQE, le programme de cette année devrait permettre de faire un état des lieux de la HQE à la française :

  • son positionnement relativement aux travaux internationnaux, comme le Green Building Council (retrouvez notre article à ce sujet)
  • le bilan chiffré des opérations certifiées selon les référentiels existants,
  • l’évaluation des perfomances environnementales (projet HQE Performance),
  • les retours d’expérience des acteurs de la construction sur la thématique “un outil d’utilité publique au quotidien”.

Pour en savoir plus, le programme est disponible ici: Invitation_programme_V211011

Et sur le site de l’association HQE : http://assohqe.org/hqe/spip.php?article209

Partagez cet article :
Categories: Bâtiment, Réglementation