Bonjour,

Thème relativement peu traité sur Econov’ jusqu’alors, la responsabilité sociétale, faisant partie d’un des 3 piliers du développement durable, a toujours été l’un de nos thèmes suivis. Partageant avec vous les sujets maîtrisés dans leur globalité, et uniquement après analyse et réflexion, je vous fais part ici des dernières avancées en la matière de RSE en France, et également dans le monde.
Ces derniers mois ont pu voir de nombreuses avancées en matière de RSE, notamment en normalisation. Les 2èmes États-Généraux de la Responsabilité Sociétale ont eu lieu en Décembre 2010 sur le thème principal qu’est la norme ISO 26000. J’ai eu l’honneur d’y participer et de juger de l’ampleur des travaux. Voici une explication et une analyse de la situation.
Définition de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)

La RSE est concept assez récent, issu de la notion de développement durable, dont il est la déclinaison pour la gestion humaine des entreprises.
Selon Wikipedia,
“La définition européenne permet de mettre en valeur les points suivants :
- La RSE couvre les matières sociales et environnementales malgré le terme anglais de corporate social responsibility.
- La RSE n’est pas et ne devrait pas être séparée de la stratégie et des opérations commerciales : puisqu’il s’agit d’intégrer les préoccupations sociales et environnementales dans ces stratégies et opérations.
- La RSE est un concept volontaire.
- Un aspect important de la RSE est la manière dont les entreprises interagissent avec leurs parties prenantes internes et externes (employés, clients, voisins, ONG, autorités publiques, etc.).
[...]
En pratique, la RSE concerne l’intégration volontaire par les entreprises de leur rôle social, environnemental, et économique. Elle couvre, par exemple, la qualité globale des filières d’approvisionnement, de la sous-traitance, le bien-être des salariés, leur santé, l’empreinte écologique de l’entreprise, etc.”
En clair, la RSE est un concept créé afin de responsabiliser les entreprises en termes de gestion des ressources humaines, et de respect de l’environnement et de la qualité dans l’ensemble de leur process. Cela englobe une vision plus humaine des choses, et plus responsable, et se traduit principalement par des actions visant à améliorer l’image de l’entreprise aux yeux des ses employés et du monde en général. La RSE fait partie du pilier social pour réussir un développement durable!
Les piliers du développement durable
La RSE est sensée remettre l’humain au centre des entreprises, notamment les grandes, et non plus le capital et les actionnaires, changer les modes de pensée des multinationales et créer un contre-pouvoir pour les salariés. Elle est aussi sensée donner plus d’espace à la collaboration dans l’entreprise, et à la relation hiérarchique de bas en haut (bottom-up). Toutefois la RSE dans sa globalité attire de nombreuses critiques. D’où peut-être son ouverture à l’ensemble des partenaires sociaux pour la création de réglementation et de normes liées à la RSE!
La normalisation avec l’ISO 26000

Le concept international de la RSE a été normalisé par l’organisation internationale dédiée, l’ISO. Après les normes qualité (ISO 9000) et les normes environnementales (ISO 14000), l’ISO 26 000 a été concue avec pour objectif de définir et de clarifier le concept de responsabilité sociétale et de le rendre applicable à tout type d’organisation (entreprises, collectivités territoriales, associations…).
L’enjeu de la création de cette norme a été de taille afin de créer un consensu général, et ouvrir un dialogue avec l’ensemble des partenaires sociaux. C’est pourquoi les groupes de travail ayant élaboré l’ISO 26000 sont issus des institutions, des ONG, des syndicats, des entreprises, plus ou moins grandes.
Les travaux sur l’ISO 26000 en France ont été centralisés par l’AFNOR, Agence Francaise de normalisation. Mais la création de cette norme ne s’est pas faite sans mal…des années de travaux et réunions des experts internationaux issus du monde académique, professionnel et public, ont pu échanger, afin de mettre en place des règles uniformes et mondiales. Chose peu facile à faire lorsqu’il s’agit d’humain: en effet chaque culture est différente, chaque manière de procéder est propre au pays, que cela soit dans le monde privé ou public.
L’ISO 260000 a vu le jour en Septembre 2010. C’est c‘est une norme qui vise à réglementer la “responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent.”
La création de l’ISO 26 000 est vue comme une démarche en rupture, avec de nouveaux questionnements. Les 7 questions centrales de la RSE pour l’ISO 26 000:

Autre point, l’ISO 26000 n’est pas une norme certifiable, mais seulement évaluable par des organismes de contrôle et de certification, que l’on connait par ailleurs (Veritas, AFQ, etc.). Ces entreprises ont élaborées des méthodes spécifiques pour évaluer le respect de la RSE en entreprise, sans pouvoir la certifier selon la norme. C’e que regrettent certains, c’est que la procédure prend le pas sur les valeurs…
Retour aux sources et aux entreprises “paternalistes” ?
Après avoir défini les termes, analysé les faits, nous sommes en droit de nous poser quelques questions. La RSE représente-t-elle une mode? Un retour aux sources? Ou simplement un modèle imposé? Mais surtout est-ce vraiment durable ?
Les 1ères et 2nde révolutions industrielles ont apporté le développement économique et industriel que l’on connait, et nous ont permis, il faut le reconnaitre, d’atteindre un certain niveau de vie, du moins en “Occident”, chose moins vraie aujourd’hui. Les effets collatéraux de ce développement furent la déshumanisation des process de fabrication et la mise au second plan de l’humain dans nos sociétés “modernes”.
Les entreprises du 18e et 19e siècles furent ainsi des entreprises très paternalistes, avec en général une forte responsabilité du chef d’entreprise et une structure familiale. Malgré ce que l’on peut en dire, les patrons de l’équipe ont participé au développement sociétal local, en créant des écoles par exemple, pour former son propre personnel (exemple de Schneider). La RSE permettrait donc de remettre au centre des préoccupations des actions déjà réalisées par le passé.
Travailler avec plaisir relève-t-il de la rigidité d’une norme?
La RSE est désormais encadrée, normalisée, il parait donc difficile de sortir d’un modèle prédéfini, d’où une certaine rigidité annoncée d’emblée, pour un thème social et humain! Les hommes et les femmes ne sont pas tous identiques, et sont bel et bien à traiter de manière différente. Les qualités managériales se voient d’ailleurs dans le discernement qui y est nécessaire. Concernant la responsabilité globale des entreprises, avec l’arrivée de l’éthique et la RSE dans les entreprises, cela sous-entend-il qu’auparavant tout n’était pas clair? Parlons-en…
D’autre part, la RSE doit permettre aux entreprises d’améliorer leur image, à travers des actions, et non par une communication efficace, ce que nous pouvons voir parfois, dans les entreprises grandes et petites.
L’accompagnement et la mise en place de l’ISO 26 000
L’arrivée de la RSE et la norme ISO 26 000 peuvent représenter une opportunité pour votre entreprise ou organisation de mettre en oeuvre une nouvelle politique plus humaine et responsable. Il existe désormais des méthodes élaborées par des cabinets d’accréditation, mais la mise en place d’un système de RSE dans votre organisation nécessitera certainement un investissement en temps, et surtout une conduite particulière du changement. Vous pouvez pour cela vous faire accompagner de manière raisonnée et à coûts limités, afin de réussir la mise en place de votre système de RSE. Ceci pourra se décliner à tous les niveaux de l’entreprise par la suite. N’hésitez pas à nous contacter en cliquant ici pour trouver des solutions ensemble !
Sources: 2èmes Etats Généraux de la RSE (2010)
Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Responsabilit%C3%A9_sociale_des_entreprises