Bonjour à tous,
Vous le savez peut-être, c’est la semaine de la mobilité en Europe… qui est généralement dédiée aux transports publics et à l’accessibilité pour tous à la mobilité. Mais doit-on on prôner aujourd’hui plus ou moins de mobilité sur Terre. Egalement cette semaine européenne représente-t-elle un train d’actions durables,ou simplement, semaine fantôme… ? Pensons les choses différemment, et bougeons moins!

Train d’actions durables ou semaine fantôme ?
La semaine européenne de la mobilité est portée en France par l’ADEME, qui incite les entreprises, collectivités, et associations, à mettre en avant les actions menées en faveur de la mobilité et des transports publics. Nous avons eu quelques échos à la radio, dans la presse écrite, pour parler des actions menées en local. Mais concrètement, vous prenez toujours le même bus, le même train, avec les mêmes services, les mêmes retards éventuellement…et les mêmes bouchons en voiture, hybride ou non!
J’ai tendance à soutenir largement toutes les actions en faveur de l’innovation, et pour un monde plus durable, mais cette année, j’avoue que j’ai du mal à voir et sentir le changement par le souffle de l’éco-mobilité… Serait-ce une année de plus pour répéter que les transports publics et la mobilité urbaine représentent l’avenir? Les actions durables que nous aimerions voir n’apparaissent pas, et c’est plutôt le fantôme de la semaine de la mobilité 2010 qui revient… Pourtant, les budgets existent.
Toutefois cette semaine est l’occasion de découvrir le visage de la mobilité, et l’image qu’en ont les gens. En pratique, la semaine de la mobilité est associée également aux déplacements en voiture individuelle, en voiture électrique, et tous les espoirs se portent aujourd’hui sur plus d’individualisme malgré tant d’années de communication pour le collectif…
En France, la Journée des Transports Publics
Vous en avez peut-être entendu parler, la journée du 21 Septembre est dédiée aux transports publics en France. A la Télévision, on nous annonce pour la journée des Transports Publics des actions d’information et de communication auprès des usagers:
- Les cheminots seront dans plusieurs gares d’Ile-de-France pour parler de leur métier
- Des personnalités de la RATP nous en disent plus sur leur gestion des ressources humaines, leur service client, et leurs projet sur l’information des voyageurs
- Plusieurs villes et agglomérations annoncent la gratuité des transports pour cette journée: quelques formalités toutefois, aller chercher son ticket gratuit à la Mairie, ou acheter sur Internet…rapé pour demain si vous n’y avez pas pensé plus tôt, après tout, aller au travail en transports n commun, ça s’organise un mois à l’avance…
Bref, tout cela est bien “cool”, on en parle, de la mobilité, des services, des transports. Mais cela ne changera pas l’avis des usagers déçus pour autant…
Ce que demande l’usager relève aujourd’hui de l’information voyageurs en temps réel, pas de la communication…en temps limité à une journée!
Pour 2011, l’année de toutes les innovations avec les technologies sans contact, l’information voyageur embarquée, et déportée sur smartphone, nous attendions plus. Plus de vert, plus de performance, plus de service, plus d’espoir. De plus, l’éco-mobilité pourrait être mise en avant sur l’ensemble de ces projets: réduire les emissions CO2 grâce à l’éco-conduite, l’efficacité energétique des matériels roulants, etc. Encore faudrait-il les développer pour de bon . . .
Une enquête montrant l’envie de mobilité individualiste des Français
Le baromètre Mobivia / SNCF /Les Ateliers de la Terre / Harris Interactive version 2011 a été publié la semaine dernière. La conférence de presse du 20 Septembre nous a permis de découvrir que les français ont soif de mobilité. D’après le sondage, “les Français sont convaincus qu’ils se déplaceront plus d’ici 2030, [et,] attachés à leur voiture, ils souhaitent d’abord en diminuer l’impact écologique.”
Voici les principaux enseignements sur l’avis des Français:
- Le véhicule personnel reste la meilleure réponse à des besoins de mobilité croissants.
- Les français accordent une attention toute particulière à l’impact écologique de la voiture.
- En parallèle, ils portent un nouveau regard sur les modes de transport alternatifs.
Voici ce que pensent les Français en 2011:
Une mobilité à la hausse, la voiture reste incontournable
Interrogés sur leur vision de la mobilité, 57% des Français anticipent des besoins de mobilité croissants d’ici à 2030 (+11 points par rapport à 2010).
D’après le sondage, “cependant, de plus en plus conscients de l’impact écologique des transports (+ 4 points), les Français se montrent ouverts à l’utilisation de véhicules électriques ou hybrides, à la condition d’en maîtriser le coût au regard d’un contexte économique incertain.
Ainsi, 35% des personnes interrogées jugent cette solution comme la plus susceptible d’allier économie, environnement et de constituer, dans un avenir proche, une réponse pertinente aux besoins individuels de déplacement.
En revanche, peu d’envie d’utiliser les transports en commun.
Une ambition : réduire l’impact écologique de la voiture
Les résultats du baromètre 2011 démontrent la dépendance des Français, pour des raisons pratiques, à l’usage de leur véhicule personnel. En ce qui concerne la réduction de l’impact écologique de la voiture, 88 % des Français déclarent pratiquer l’éco-conduite (+7 points), et 86 % mieux entretenir leur véhicule (+1 point). Si les Français sont attentifs à l’empreinte écologique de leurs déplacements, ils sont cependant 1 sur 2 à préciser qu’ils pourraient faire davantage d’efforts. Néanmoins, ils manifestent le souhait de voir évoluer la voiture d’ici à 2030. Ainsi, 56% des personnes interrogées privilégient la réduction de son impact écologique, devant notamment son coût d’utilisation (52%) ou encore sa sécurité (51%). Par ailleurs, interrogés sur l’efficacité des mesures publiques visant à réduire l’empreinte écologique des déplacements, 67% des Français préfèreraient une incitation à l’éco-entretien des véhicules de plus de cinq ans, juste après les propositions en faveur de la réduction du coût des transports publics supportés par les usagers (85%).
Des solutions alternatives en plein essor
Lorsque l’on interroge les Français sur les solutions de transport autres que la voiture qu’ils privilégient au quotidien, ils répondent aujourd’hui d’abord la marche à pied ou le vélo, puis l’usage d’un véhicule hybride ou électrique, suivis par les transports en commun (métro et tramway), le covoiturage et enfin l’auto partage. Ainsi, 68% des sondés déclarent être prêts à abandonner leur véhicule pour certains petits trajets et utiliser des modes doux comme le vélo ou le roller (+ 8 points). De même, 55% des personnes interrogées envisagent de privilégier les transports en commun ou le train (+7 points).
Quelques solutions de mobilité responsable
- Passer à l’électrique
- Partager ses trajets
- Partager sa voiture
Les Français comptent donc encore utiliser la voiture pendant encore un moment, tout seul, et surtout se déplacer de plus en plus! Cela paraît donc de plus en plus facile et abordable, à l’heure où les problématiques énergétiques et environnementales rendent les transports plus chers et peu durables. Les ambitions d’amélioration collent toutefois parfaitement aux services nouvellement développés par nos sociétés françaises: il faut développer l’auto-partage, c’est une réalité, qui comprend de sérieux verrous psycho-sociaux, et le covoiturage qui connait aussi des inconvénients sociaux. La voiture électrique doit toutefois être éclairée sur son coté “responsable” et durable.
Electrique ou hybride, mais pas sans consommation
En effet, une voiture, qu’elle soit hybride ou électrique, consomme la même quantité d’énergie pour se déplacer d’un point à un autre. Un moteur électrique est plus performant en termes de rendement, certes, mais l’électricité doit être produite et acheminée. la voiture électrique est donc un mode de transport alternatif apportant surtout un confort de conduite et le silence urbain, mais surement pas un moyen de réduire les émissions de CO2 et de rendre le transport durable.
Collectif ou individualiste, il faut bouger
Depuis de nombreuses années, les transports en commun sont mis en avant, et développés. Leur succès est franc malgré leur mauvaise cote. Mais dans le même temps, le développement de la voiture individuelle n’a jamais été aussi fort: il n’y a qu’à voir le nombre de véhicules dans le monde (>1 Milliard) et en France (>30 Millions). Pourtant, ces voitures ne sont pas décrites comme nos amis…mais les transports publics, malgré qu’ils soient pleins à craquer, n’attirent pas les gens recherchant toujours plus de confort et d’individualisme.
Plus que tout, c’est le besoin et la nécessité de bouger qui ont grandi et exploser, ce qui fait que les mouvements n’ont fait que s’amplifier depuis des décennies. Un terrien qui effectuait au plus 500m à pied pour son trajet domicile-travail au XIXe siècle, peut en faire aujourd’hui plus de 50 (km!) chaque jour… C’est donc le besoin de bouger, ou surtout la nécessité, qui augmente les déplacements, qu’ils soient collectifs ou individuels.
Un nouveau concept, l’anti-mobilité
Les terriens ont-ils le mal de Terre, ou la bougeotte? Partant du constat que tout mouvement physique engendre des émissions de CO2 et une consommation d’énergie, nous devons nous rendre à l’évidence et accepter de limiter nos déplacements, ou de les maintenir faibles. Moins de mobilité, c’est une vraie solution pour réduire nos émissions de CO2 et mieux vivre nos déplacements plus espacés.
Je propose aujourd’hui de penser à l’anti-mobilité, qui consisterait d’abord à réduire nos déplacements, qu’ils concernent nos déplacements professionnels ou personnels, puis de penser à revoir nos modes de déplacement. Ne devenons pas des mollusques, ni des limaces, mais repensons-nous! Privilégions l’emploi proche de chez nous, faisons nous courses près de chez nous (même si c’est plus cher, ou moins glamour), allons-voir notre famille au bout de la France moins souvent, partons moins en vacances et moins loin. Evidemment cela ne donne pas envie en termes de liberté ressentie et de confort, mais cela risque de vous procurer un sérieux gain de temps et d’argent! D’autant plus que la technologie est désormais à vos cotés.
Le High-tech au service de moins de mobilité
Le développement des nouveaux matériels et services high-tech favorisent aujourd’hui totalement la mobilité: les smartphone, et surtout les tablettes, permettent aujourd’hui de disposer de toutes les informations nécessaires, où que l’on soit. Le Cloud computing permet de centraliser et déporter vos données en un lieu unique, les nouveaux formats allégés permettent de lire, écrire, diffuser, partager des informations sous plusieurs types de médias (texte, video, son…), que cela soit via des applications, les emails, ou via les navigateurs web. La technologie est de plus en plus mûre, et se standardise. Mais elle évolue vers plus de mobilité. Nous aurons donc moins à bouger nous même, puisque les informations le font pour nous: rapports, conférences, autres informations
J’ai tendance aujourd’hui à prôner la réduction de la mobilité, malgré la facilité de bouger, et le sentiment que nous pouvons atteindre chaque endroit de la Terre en un clin d’oeil. C’est vrai, nous pouvons le faire sans y aller, avec la technologie! Ainsi, soyons anti-mobile!
Anti-mobilité ne veut pas dire immobilisme
Toutefois, aller vers moins de mobilité, ce n’est pas arrêter de bouger, et encore moins de pratiquer l’immobilisme. Nous avons besoin d’idées, de concepts, de services, qui doivent être développés pour rendre la mobilité moins présente, plus virtuelle, et plus durable. Que cela soit sur les matériels roulants, les smartphones, tablettes et autres outils high-tech, l’innovation doit agir pour nous faire avancer, et dépasser les principes obsolètes de toujours plus de déplacements.
Il faut donc encore bouger pour moins de mobilité … une consolation!
Toutefois, pour conclure, et ouvrir le débat, nous pouvons remercier l’organisation de cette semaine de la mobilité, puisqu’elle nous permet de nous exprimer sur le sujet après réflexion, et commenter ce qui se passe sur le marché. Alors, une semaine fantôme peut-elle cacher le train d’action durables? A vous de juger…