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Ouvrons le débat sur la gestion de l’eau, une fontaine à idées (partie 2)

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 5 septembre 2011 à 10h26 0 Commentaire

Reprenons notre réflexion sur le débat autour de la gestion de l’eau en France. Après notre bilan de la semaine dernière (voir article ici), voyons aujourd’hui quelles sont les solutions et les idées pour ouvrir et élargir le débat. Rangeons le canon à eau, ouvrons la fontaine à idées!

Top debat eau Ouvrons le débat sur la gestion de leau, une fontaine à idées (partie 2)

Les points à discuter ouvertement

Le débat doit aujourd’hui s’ouvrir autour d’une discussion, des discussions plus exactement. Voici les sujets qui doivent construire le débat.

Des leaders français privés ayant l’expertise de la gestion de l’eau

L’expertise des groupes français en matière d’ingénierie de l’eau est incontestable. Les entreprises sont des leaders mondiaux et développent chaque jour des procédés plus performants pour l’assainissement et la gestion des réseaux sur le long terme.

Veolia, Suez Environnement, Saur et de nombreux sous-traitants sont leaders mondiaux dans la gestion technique de l’eau, aussi bien dans la potabilisation, la distribution, et l’assainissement. Ces acteurs sont reconnus mondialement pour leur qualité d’ingénierie.

Bien d’autres entreprises françaises sont des spécialistes techniques de la production d’eau potable, l’assainissement, et l’entretien des systèmes de distribution.

Il reste à définir le rôle technique des entreprises dans la gestion de l’eau : des référents qui seraient des conseils pour les collectivités, des exécutants de travaux ? La question doit être débattue.

La gouvernance de l’eau

Les responsabilités inhérentes à la gestion de l’eau impliquent de maitriser toute la gouvernance de l’eau. C’est un point très flou aujourd’hui dans la gestion de l’eau, tant dans la production d’eau potable, la distribution, que l’assainissement des eaux usées.

Actuellement, il existe de nombreux cas où les entreprises assurent la gestion complète de l’eau, maitrise d’œuvre et maitrise d’ouvrage comprises. Cette situation empêche tout simplement la remise en question technique et financière des projets.

La question doit se poser principalement autour de la gouvernance de l’eau. Aujourd’hui, les rôles de chacun ne paraissent pas clairs: qui dispose des compétences en termes de Maîtrise d’ouvrage, de Maitrise d’œuvre, c’est-à-dire qui est responsable de la qualité du service et de la maitrise du prix de l’eau. Cette question est posée aujourd’hui par le domaine privé lui-même, avec Isabelle Kocher, Directrice Générale de La Lyonnaise des Eaux : quels sont les rôles à distribuer dans la gestion de l’eau ? Quelles limites fixer entre le public et le privé ? Toutefois le sujet ne semble pas débattu et discuté en profondeur.

Répartir les rôles du privé et du public de manière saine et claire

Comment répartir les rôles dans la gestion de l’eau ? De manière claire et limpide devrait-on dire! L’expérience montre que la répartition actuelle des responsabilités dans la gestion de l’eau n’est pas clairement définie dans les collectivités. Des entreprises qui réalisent l’ensemble des choix techniques et économiques pour les villes, d’autres chargées uniquement de la distribution de l’eau, de l’assainissement, de l’entretien des réseaux, les missions ne sont pas clairement définies selon les villes.

Chacun a probablement un rôle à jouer et des compétences spécifiques : gestion technique, gestion économique, gestion des services, etc. Discutons du rôle de chacun et construisons les ponts.

Recréer le lien avec les usagers

L’eau étant un bien public, l’ensemble de la population devrait donc se sentir concerné par la gestion de l’eau et son avenir. Chacun a son mot à dire sur la question, par la voix des urnes ou par l’engagement associatif.  Etre acteur de la décision sur la gestion de l’eau pourrait responsabiliser les usagers sur les économies d’eau et le prix à payer pour une eau de qualité.

Ce point semble avoir été compris par Eau de Paris, qui a renoué avec son public depuis la gestion en régie des eaux de la Capitale en 2010. Campagnes de communication et actions menées auprès des usagers permettent d’inclure la population dans la gestion des eaux.

Le contact avec les usagers semble passer par l’accès à l’information pour tous et de manière complète. Les moyens sont donc à mettre en œuvre par les collectivités et entreprises afin de partager les informations liées à l’exploitation des ressources en eau.

Un débat Européen

La question de la gestion de l’eau se pose dans plusieurs pays au niveau européen. Des travaux de recherche réalisés à l’UNESCO mettent en évidence plusieurs cas de figures remis en question en Europe. Du modèle totalement privatisé en Angleterre, au modèle de gestion 100% public italien, espagnol ou français (dans certaines collectivités), en passant par le modèle de gestion publique déléguée en Ecosse et aux Pays-Bas. Les questions se posent autour de la fixation du prix de l’eau, l’accès à l’information et de la qualité de service.

Les expériences européennes sont donc également à prendre en compte afin de trouver un modèle d’avenir pour la gestion de l’eau en France. Profiter des retours d’expérience, discuter, débattre, tel est le besoin ressenti aujourd’hui tant par le monde public que privé. Sortons des flots de critiques non constructives, et bâtissons des ponts pour une gestion durable de l’eau.

Vous aussi, demandez le droit d’en discuter ouvertement avec tous les acteurs, qu’ils soient publics, privés, associations, ou autres, afin que la question démocratique de la gestion de l’eau soit réglée. Laissons l’ingénierie aux experts, la gestion aux gestionnaires, et préservons le droit à l’eau pour tous dans des conditions durables.

Retrouvez notre premier article sur le Débat autour de la gestion de l’eau: http://www.econov.eu/2011/ouvrons-debat-gestion-eau-point-reflexion-public-prive-veolia-suez-saur-partie-1/

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Categories: Eau et Assainissement
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Ouvrons le débat sur la gestion de l’eau, faire un point (partie 1)

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 22 août 2011 à 10h26 4 Commentaires

Bonjour,

Vous rentrez peut-être de vacances bien arides, ou bien arrosées, mais vous n’êtes sans savoir que l’été Français a été jusque-là un été pluvieux…alors que le printemps laissait craindre une longue sécheresse!  De quoi peut-être nous faire réaliser que l’eau est une denrée précieuse et fragile, puisque d’elle dépend notre survie. Du côté de la gestion de l’eau, l’actualité a également été mouvementée, avec des renégociations spectaculaires de contrats, et notre interview réalisée auprès d’Eau de Paris (retrouvez ici l’article).

Top debat eau Ouvrons le débat sur la gestion de leau, faire un point (partie 1)

J’ai souhaité mener une réflexion sur le sujet de la gestion de l’eau, qu’elle soit publique ou privée, en prenant en compte l’aspect technique, l’aspect économique et l’aspect politique. Je vous livre une synthèse en deux volets, avec un premier volet consacré aujourd’hui au bilan français de la gestion de l’eau.

L’accès à l’eau est aujourd’hui mondialement considéré comme un droit, mais nous savons que les ressources en eau potable risquent de diminuer sur la planète entière. Dans les pays occidentaux, où l’accès à l’eau semble assuré pour tous, la période de « l’eau facile » touche également sa fin. En France, les prix de plus en plus élevés ont créé des mécontentements et les voix s’élèvent pour revoir le modèle de gestion de l’eau en France. Public ou privé ? Le débat existe, mais peine à faire émerger de nouvelles idées… Parlons-en !

L’eau, un bien public

L’eau est reconnue par tous comme un bien public. Au sens du droit mondial, l’accès à l’eau est reconnu comme un droit essentiel. Ce bien public doit donc être partagé avec toute la population pour servir les différents besoins de la société : alimentation, agriculture, industrie, hygiène, etc. Les services liés à un bien public devraient donc profiter à tous et à un prix acceptable, avec une priorité donnée à la qualité plutôt qu’à la rentabilité.

Or le prix de la gestion de l’eau par les entreprises privées est aujourd’hui remis en cause, car vu comme une rente financière confortable, sans vision sur le long terme au niveau de l’exploitation et la qualité de service. La gestion de ce bien public est donc remise en cause, en opposant les gestionnaires privés et les gestionnaires publics.

De scandales en débats

Les faits sont désormais nombreux dans le domaine de l’eau en France, notamment autour de sa gestion et de sa gouvernance. Plusieurs scandales ont vu le jour, et de nombreuses questions se posent. A Grenoble par exemple, c’est la corruption qui a couté le poste au Maire de la Ville (Alain Carignon) en 1995, où la gestion de l’eau avait été entièrement privatisée. Historiquement, c’est le premier cas en France dans les années 1990. En quelques mois, la ville est passée du système privé à un système mixte puis à une régie publique totale à partir du 1er janvier 2000. Cela demeure le symbole d’une résistance à la fois de quelques élus et associations d’usagers et des environnementalistes. D’après la Fondation France Libertés, “le cas de Grenoble n’a cependant pas suffit à engendrer un mouvement d’envergure nationale, bien que quelques autres cas de remunicipalisation sont à noter entre 1995 et 2003″.

A Paris également, nous avons vu il y a quelques semaines avec Mathieu Souquière que l’histoire de la remunicipalisation de la gestion de l’eau a été mouvementée (retrouvez ici l’article), et nous savons tous que la gestion en Ile-de-France fait débat autour du SEDIF. La gestion de Veolia est reconduite sans véritable renégociation, ce qui met les associations en rage…

C’est donc l’absence de discussion et le peu d’information qui créent ce malaise au sein de la gouvernance de l’eau. La gestion de l’eau et ses débats sont bien trop souvent politisés et deviennent des critères d’appartenance à la Gauche ou à la Droite…

A quand le vrai débat démocratique de l’eau…?

De timides initiatives de débat

Plusieurs initiatives ont été lancées afin de créer un échange de point de vue entre les « pro-public » et « pro-privé ». Le processus des « Idées neuves sur l’eau », lancé par la Lyonnaise des Eaux (Suez Environnement), a ainsi permis aux internautes, aux experts de l’entreprise et aux élus français, d’échanger sur l’avenir de la gestion de l’eau en France.

Ces initiatives, souvent taxées de partialité, restent timides, puisqu’elles ne permettent pas de remettre en cause entièrement le modèle actuel, ni de proposer des solutions concrètes en matière de gouvernance et d’améliorations techniques.

Sortir des débats passionnés, entrer dans le débat constructif

Le débat autour de la gestion publique ou privée de l’eau en France existe, mais se présentent principalement sous la forme d’affrontements entre militants « pro-public » et entreprises privées. Les entreprises privées défendent le modèle de gestion privée des eaux, aussi bien pour la production d’eau potable, sa distribution, et pour son assainissement. Les militants pour la gestion publique de l’eau défendent le fait qu’un service public doit être géré en régie par les collectivités, afin d’éviter la recherche de rentabilité, l’augmentation des prix pour les consommateurs, et une amélioration durable de la qualité de l’eau.

Bras de fer dans les renégociations de contrats, discussions dans les collectivités, les débats actuels sont toujours passionnés et effacent les réels enjeux dans la séparation entre les rôles du privé et du public.

Citons par exemple le cas de l’Ile de France, où il existe une forte contestation de la gauche, et un passage en force de la prolongation du contrat du SEDIF avec VEOLIA EAU, sans discussions préalables dans la décision avec les élus de la région ou encore les usagers.

Voici les faits, et un très rapide bilan de la situation autour du débat sur la gestion de l’eau en France. Voyons dans un second volet quelles sont les idées et réflexions à mener pour un débat plus ouvert et efficace…

Lien vers le volet No2 : à venir

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Categories: Eau et Assainissement

Comme tous les ans, les Nations Unies fêtent dans le monde entier la journée mondiale de l’eau le 22 Mars. L’occasion de faire un point sur le blog Econov’ à propos du contenu et de l’utilité de cette journée ayant un écho international.

logofrhome Journée Mondiale de leau le 22 Mars 2011 des Nations Unies, réelles retombées ou pluie de vent?

Comme de nombreuses autres journées mondiales, la journée mondiale de l’eau a été instaurée à la suite du sommet de Rio en 1992, où les Etats et les Nations Unies ont souhaité s’engager en faveur de la préservation de l’environnement. Les ressources en eau font partie de celles que les Nations Unies et l’UNESCO souhaitent défendre. Ainsi, chaque année, des actions sont menées au niveau local pour aider les populations à disposer d’un accès à l’eau potable, faire prendre conscience de l’importance de la préservation des ressources en eau. Mais qu’en est-il de la pensée globale, et comment se traduit-elle en actions locales ? Les populations sont-elles réellement impactées par les actions mises en oeuvre ?


Le thème 2011, l’eau pour les villes

Il est vrai, le développement urbain apporté au XXe siècle dans les pays occidentaux, et maintenant s’étant généralisé aux pays en développement, affecte largement les flux d’eau, la quantité ainsi que la qualité des ressources en eau. Nombreuses (trop) sont les populations qui vivent avec de l’eau non potable, et de plus en plus rationnée. Les villes concentrent les points de consommations d’eau, aussi bien pour l’industrie, les bureaux, que pour les habitations, et cela crée bien sur en une zone concentrée de grandes quantités d’eau usées à assainir.

Nos méthodes de traitement, d’épuration, d’assainissement d’eau, sont elles aussi centralisées, pour faire face aux problèmes d’hygiène des nouvelles villes.

La journée de l’eau souhaite donc s’attacher à ce problème qui touche donc la majorité de notre population mondiale, puisque notre modèle humain tend vers l’urbanisation à plus de 80% ! C’est donc pour cela que les Nations Unies s’y collent en 2011, afin de résoudre les problèmes de la majorité. Une bonne idée, si ce n’est que l’on risque encore de favoriser l’exode rural si l’on oublie nos campagnes…

Le rôle des Nations Unies

Les Nations unies organisent chaque année cette journée, voici l’information officielle émanant du site web de la journée de l’eau 2011:

“L’objectif de la Journée Mondiale de l’Eau 2011 est de braquer l’attention internationale sur les impacts de cette croissance urbaine rapide, de l’industrialisation et des incertitudes liées au changement climatique, aux conflits et aux catastrophes naturelles, sur les réseaux d’eau urbains.

Le thème de cette année ‘L’eau pour les villes : répondre au défi urbain’ a pour but de mobiliser et d’encourager les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus à s’engager activement pour relever le défi de la gestion urbaine de l’eau.”

logos1 Journée Mondiale de leau le 22 Mars 2011 des Nations Unies, réelles retombées ou pluie de vent?

Le but de la journée mondiale est donc de “braquer l’attention internationale” ! Nous allons voir aujourd’hui si une réelle attention se porte, surtout avec les évenements mondiaux environnementaux et politiques de ce printemps…

Des actions dans le monde et … un évènement politique des Nations Unies

En cherchant bien, nous pouvons trouver sur le site une multitude d’actions très localisées concernant la préservation de l’eau dans le monde, mais il est très difficile de savoir grand chose sur le déroulement de ces actions, ce qui est apporté aux populations locales.

L’action la plus importante, celle qui est mise en avant sur la première page du site…c’est un Forum politique en Afrique du Sud. Je cite:

“Le Conseil des Ministres Africains chargés de l’Eau (AMCOW) se réjouit de co-organiser la Journée Mondiale de l’Eau 2011 avec UN-HABITAT et UN-Water. Les cérémonies seront accueillies par le Gouvernement Sud Africain au Cape Town International Convention Centre”

Les retombées pour les populations

En réalité, nous avons du mal à connaitre les réelles retombées des actions auprès des populations locales. Qu’il s’agisse d’apport en matériel de traitement de l’eau, de formation des élus locaux, de sensibilisation des populations au respect de la ressource en eau, la journée mondiale de l’eau, les apports de la journée mondiale de l’eau se limitent à la seule création du buzz sur le thème de l’eau. Les gagnants semblent surtout se trouver parmi les entreprises travaillant dans le secteur de l’eau et les ONG agissant pour l’eau.

Certes, c’est peut-être le fait d’organiser une journée mondiale qui engendre la création de projets internationaux d’ONG, mais la journée n’est pas une finalité en soi ! Des Etats financent des ONG et entreprises pour aider les populations à mieux vivre, avec des ressources en eau protégées et saines. Dans le même temps, des inégalités de droit à l’eau de plus en plus flagrantes. L’efficacité du système semble être masquée par la folle course au développement urbain des pays émergents, qui risquent fort de commettre les mêmes erreurs qu’ont commis les pays occidentaux par le passé.

Il devient alors de plus en plus urgent de penser à préserver nos ressources en eau, aussi bien en termes de quantité, que de qualité!

Egalement, nous pouvons encore penser au fait que la gestion locale des ressources en eaux, saines et usées, doit prendre de la valeur, même dans un monde urbain.

N’hésitez pas à partager votre expérience avec nous sur les actions réalisées dans le cadre des journées mondiales de l’eau ! Je me chargerai de les mettre en avant sur le site.

Plus d’informations officielles sur le site dédié des Nations Unies:

http://www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

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Gestion locale des eaux – Idées Neuves sur l’eau – les questions

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 27 janvier 2011 à 00h09 1 Commentaire

Bonsoir,

water spelled out photo.hlarge 300x199 Gestion locale des eaux   Idées Neuves sur leau   les questions

Participant depuis plusieurs mois aux débats virtuels et réels sur la plate-forme Idées Neuves sur l’eau de Suez Environnement, je vous retransmet sur Econov.eu les questions que pose aujourd’hui la gestion locale de l’assainissement, ainsi que les nouvelles solutions de recyclage des eaux usées, qu’elles soient grises ou noires.

L’expert Idées Neuves sur l’eau nous a fait part de son point de vue sur les solutions de recyclage d’eau usée et leur influence sur le modèle économique de gestion de l’eau.

Voici les échanges:

Alexandre Goncukliyan:

Les eaux grises sont les eaux usées issues de nos cuisines et salles de bains. Leur taux de pollution peut etre considéré comme faible et peuvent facilement être retraitées et assainies. Leur utilisation locale, au niveau des collectivités et entreprises est envisageable pour des usages extérieurs par exemple, avec des traitements préalables.

L’eau de pluie, considérée comme abondante en France, constitue aussi localement une ressource utilisable de manière simple. L’eau de pluie étant relativement saine, un usage extérieur peut être fait sans aucun problème, voire un usage à l’intérieur des bâtiments après des traitements simples.

De quoi soulager quelques stations surchargées de débit d’eau usées et participer à la création d’un modèle économique de l’eau recyclable et moins chère.

Cette vision de l’eau recyclable tend à se développer très rapidement dans les pays émergents, à nous de faire aussi bien tout en assurant notre sécurité!

Expert idées neuves sur l’eau.

Merci pour votre idée. Depuis 2008, la récupération et l’utilisation des eaux de pluie est autorisée pour des usages en extérieur et sous certaines conditions à l’intérieur des bâtiments. Il est ainsi possible d’utiliser ces eaux pour les WC et les machines à laver. Votre proposition concernant la réutilisation des eaux grises est, en revanche, plus difficile à mettre en œuvre. Il existe des difficultés techniques de récupération et des enjeux sanitaires. En effet, il se peut que des germes et bactéries se développent dans ces eaux, et qu’elles constituent de ce fait un risque sanitaire pour les habitants. Votre remarque sur la création d’un « modèle économique de l’eau recyclable et moins chère » mériterait une réflexion de fond de l’ensemble des acteurs. Le coût des dispositifs individuels de récupération d’eau de pluie ou de recyclage d’eaux grises ne permet pas, aujourd’hui, au plus grand nombre d’en profiter. Ceux qui se seront équipés de ces dispositifs astucieux réduiront ou cesseront leur contribution au service public collectif de l’eau. Il existe par conséquent un risque d’appauvrissement de ce service public, qui n’aurait plus les moyens d’offrir à tous un service de qualité.

Alexandre Goncukliyan:

Bonjour,

Tout d’abord merci sincèrement à l’équipe d’avoir sélectionné l’idée, ainsi qu’à l’expert Idées Neuves pour la réponse. Je m’adresse ainsi ne connaissant pas votre nom Madame ou Monsieur l’expert, peut-être nous sommes nous déjà rencontrés lors du dernier évènement ? Sinon une rencontre pourrait s’avérer intéressante!

En effet la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie est autorisée dans certaines conditions, sans traitement particulier. Pour les eaux grises, ceci impose des contraintes sanitaires supplémentaires qu’il est largement possible de maîtriser avec les nouvelles techniques.

Les dernières années et mois ont vu apparaître des solutions de recyclage d’eaux grises, par exemple pour les hôtels. D’autres solutions peuvent s’implémenter au niveau des particuliers et des petites collectivités en assainissement non-collectif, avec un recyclage permettant des usages extérieurs.

Pour avoir étudié et développé des solutions d’épuration d’eau durables, je peux reconnaitre que le cout d’un tel dispositif rend la solution peu rentable. L’innovation technologique peut faire évoluer ce modèle.

En imaginant l’implémentation de solutions d’épuration d’eau au niveau local, le modèle économique de la gestion de l’eau se trouverait en mutation totale. Mais la réflexion et le débat méritent d’avoir lieu, afin de repenser, ou du moins revoir, le modèle économique de la gestion des eaux. Doit-on mettre en oeuvre des solutions en local afin d’améliorer la gestion environnementale des eaux, doit-on inventer des leviers de financement, des taxes?

Pensez-vous qu’il y ait des réflexions à mener à ce sujet? Ou pouvez-vous nous éclairer avec des ressources bibliographiques?

Encore merci.

N’hésitez pas vous aussi à vous exprimer sur le sujet, et poser vos questions sur les technologies existantes sur le recyclage des eaux usées.

Retrouvez l’intégralité des échanges sur la question:

http://www.ideesneuvessurleau.net/idees/eaux-grises-eaux-de-pluie-ressources-locales-potentielles-100089

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Categories: Eau et Assainissement
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L’Eau de Paris, une bouteille à chacun pour un bien commun…

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 15 novembre 2010 à 00h46 0 Commentaire
IMAG0079 LEau de Paris, une bouteille à chacun pour un bien commun...

Bonjour,


Un article dédié à l’eau pour vous parler d’une initiative publique, celle de la capitale Française, décidée à protéger l’eau qu’elle appelle notre “bien commun”.

Vous le savez peut-être, la Mairie de Paris a décidé il y a quelques années de reprendre la gestion de la distribution d’eau potable à Paris, afin de prouver que le secteur public peut gérer l’eau tout en préservant une qualité suffisante pour les riverains, et surtout des tarifs bas.


C’est pourquoi la Mairie de Paris communique sur l’aspect social et écologique de sa gestion publique de l’eau. Certaine de sa qualité de distribution et de son aptitude à être potable, elle distribue notamment des bouteilles en plastique afin de lutter contre la multiplication des bouteilles usagées et favoriser l’usage de l’eau du robinet. Son slogan: “l’eau bien commun de l’humanité”


Ceci devrait favoriser de plus:

  • la propreté de la ville
  • l’économie de l’achat de bouteilles pour les riverains
  • la prise de conscience des habitants du fait que la consommation d’eau en bouteille n’est pas durable dans son contexte actuel
L’eau est notre bien commun, certes, mais il reste quelques questions en rapport avec la communication de la Ville de Paris:

  • l’eau remplie par les habitants dans ces bouteilles sera-t-elle de qualité constante et aussi bonne qu’une eau minérale par exemple?
  • Est-on sur que les bâtiments parisiens, qu’ils soient publics ou privés, soient aux normes en matière sanitaire, dans le cadres des réseaux d’eau? (Cette bouteille a été par exemple distribuée dans une université)
  • La gestion publique de l’eau est-elle forcément plus écologique qu’une gestion privée?
La gestion publique de l’eau est, je pense, avant tout un problème politique et économique, quant à la manière de gérer les ressources en eau et la tarification. Le respect des normes environnementales et sanitaires ne devraient en aucun être impactées.

Toutefois, la gestion publique des eaux fait des envieux, notamment en région parisienne, en raison des tarifs pratiqués par le SEDIF, le syndicat des eaux d’Ile de France dont le marché principal a été récemment attribué à VEOLIA, sans réelle mise en concurrence. Du coup, à la veille des votes au SEDIF, plusieurs collectivités se posent la question de quitter le SEDIF et opter pour une gestion publique des eaux, en rejoignant l’Eau de Paris.

Vous trouverez par exemple l’article d’un confrère blogueur sur le thème, décrivant la situation dans l’Est Parisien. Il est même question d’un raccordement physique aux eaux de Paris! Cliquez-ici pour voir l’article!

En attendant, l’eau coule sous les ponts, et abreuve nos cités afin que nous puissions remplir nos bouteilles publiques!




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