Retour sur notre dossier innovant des SmartGrid, alors que l’actualité nucléaire semble prendre le dessus sur l’avenir des réseaux électriques. Nous allons ici décrire les possibilités offertes par les smartgrids d’intégrer l’avenir de la mobilité électrique, et de la production d’énergie renouvelable, deux technologies à la fois pleines d’espoir, et tant problématiques vis-à-vis de nos modes de gestion actuels de l’énergie.

La production d’énergies renouvelables locales a besoin d’un nouveau réseau
Par nature, les énergies renouvelables sont produites là où la nature le permet: le vent, le soleil, la chaleur souterraine doivent être utilisés en leur lieu naturel. Cela se traduit par des toitures solaires photovoltaïques, des champs d’éoliennes dans les plaines ventées, et les côtes marines, etc. De plus, les incitations fiscales, en France par exemple, poussent à réinjecter les énergies produites en local sur le réseau national d’énergie électrique.
Ceci risque donc de poser un grand problème aux gestionnaires des réseaux électriques en Europe, qui risquent d’avoir des difficultés pour prévoir l’évolution de la production énergétique et la consommation. Cela pose également des problèmes techniques, puisque l’injection d’électricité massive à des heures précises provoque des hausses de tension localisées et des perturbations de fréquence du réseau. C’est pourquoi ErDF et RTE, gestionnaires du réseau électrique français, semblent vouloir freiner la production décentralisée d’énergie.
D’où le besoin d’une nouvelle gestion du réseau électrique dans le monde. Dans un monde relié, avec des sources de production délocalisées, le réseau doit changer avec les SmartGrids. Il y a certes des risques, mais l’innovation technologique va nous permettre d’augmenter les informations récupérées sur le réseau et augmenter sa maîtrise de plus en plus fine.
La future morphologie du réseau électrique Français
Les voitures électriques pour stocker l’énergie mondiale: le vehicle to grid
Lors des différentes rencontres auxquelles j’ai assisté sur le sujet des véhicules électriques, j’ai toujours entendu l’idée farfelue selon laquelle nous pourrons stocker de l’énergie électrique dans nos véhicules et la revendre sur le réseau: c’est ce que l’on appelle le Vehicle to grid, lorsque nous réinjectons de l’énergie sur le réseau. Bien sur, ce qu’espèrent les gens qui y pensent, c’est revendre l’énergie de leur batterie plus chère !
Techniquement, l’idée parait très bonne, notamment pour permettre d’équilibrer et de stabiliser la gestion du réseau avec l’intégration des énergies renouvelables. En effet, les panneaux solaires produisent l’énergie de jour avec le soleil ( plus en été), les éoliennes lorsqu’il y a du vent, alors que nos besoins se situent essentiellement la nuit, et lorsqu’il fait froid pour le chauffage. De plus, nous ne savons aujourd’hui stocker de grandes quantités d’énergie de manière viable, puisque la solution consiste en le stockage par batteries. C’est pourquoi les voitures électriques pourraient stocker ces énergies superflues en se rechargeant, et éventuellement les réinjecter sur le réseau si besoin.
Pourtant, cette idée est vue par les gestionnaires du réseau (ErDF, RTE) comme trop futuriste, qui ne sera mis en oeuvre avant 2040. Je pense que les technologies Smart Grid s’y prêtent très bien et la faisabilité est réelle. Toutefois, cette revente d’énergie restera sans doute très limitée au niveau de chaque véhicule, puisque l’on oublie qu’une voiture est faite pour consommer de l’énergie, et que nous nous posons encore en 2011 la question de l’autonomie des ces nouvelles voitures. Et pourquoi la revendrait-on plus cher? Pour payer sa propre énergie, son propre chauffage individuel plus cher?
Couplage de toutes les energies et les informations
Ainsi, les véhicules électriques permettant le stockage électrique par batterie, et les sources de production d’énergie décentralisées et intermittentes, doivent être couplées sur le réseau électrique afin de donner le meilleur d’elles-même. Les réseaux intelligents sont donc la solution pour éventuellement concurrencer le modèle actuel de production d’énergie centralisée (nucléaire, charbon, etc.). Une réflexion de fond s’impose donc sur les besoins, et la nouvelle manière de voir le réseau. Une vraie révolution des réseaux électriques et d’information. Attention toutefois à ne pas choisir la fuite en avant technologique et économique (avec la recherche de gain financier à la revente par exemple), qui nous ferait innover dans les technologies de manière non durable, et limiterait fortement les intérêts des SmartGrid, il faut savoir raison garder…
Une feuille de route pour la France lancée par l’ADEME
En ce début d’année 2011, l’ADEME a publié une feuille de route dédiée aux réseaux intelligents nommée ” réseaux et systèmes électriques intelligents integrant les énergies renouvelables” (Télécharger le document ici). Ce document est issu de la réflexion d’un groupe d’experts issus des grands groupes (AREVA, GDF SUEZ, etc.), concluant sur l’existence de 3 paramètres clés qui joueront un rôle déterminant sur la forme et la nature des réseaux et des systèmes électriques intelligents :
- l’offre de produits et de services associés à l’intelligence des réseaux
- le degré et la forme de décentralisation du système et des réseaux électriques
- les choix de régulation, les modèles d’affaire et les jeux d’acteurs autour des réseaux et systèmes électriques intelligents
















