« Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer. » (Gaston Berger).
A l’heure où la voiture électrique polarise l’attention, où le coût et la raréfaction de l’énergie fossile augmentent, les initiatives se multiplient pour utiliser l’énergie solaire dans les transports.
Le principe est toujours le même : des cellules photovoltaïques transforment l’énergie solaire en électricité ; cette électricité stockée dans des batteries sert à alimenter des moteurs électriques faisant tourner des roues, des pales, des hélices…

Il est clair que l’énergie récupérée du soleil est encore largement insuffisante pour couvrir le besoin ; il n’empêche que quelques valeureux « fous du volant » y songent fortement en développant des solutions originales et dignes d’intérêt.
Au-delà de la passion qui anime tous ces pionniers, y-a-t’il un véritable espoir de débouché industriel, à terme ? Et si oui, sous quel horizon ?
Voici le tour, non exhaustif mais significatif, de quelques réalisations de transport solaires.
L’avion solaire
C’est certainement l’initiative la plus médiatisée de ces derniers mois ; un pari fou pour un résultat étonnant : l’avion Solar Impulse a largement démontré le bien-fondé de son concept et même si beaucoup de chemin reste à parcourir pour arriver à une solution « de transport de masse », cette 1ère réalisation est tout à fait surprenante.
Solar Impulse est le 1er avion à fonctionner uniquement à l’énergie solaire. Bertrand Piccard était d’ailleurs à l’honneur aux BFM Green Business Awards ce mois-ci, pour nous parler de son aventure et de son envie d’innover pour un monde durable, cf. http://www.econov.eu/2011/ceremonie-bfm-green-business-awards-2011-des-entreprises-vertes-innovent-innovation-dd-ernst-young-developpement-durabl/
Envergure de la taille de celui d’un Airbus A340 (63,4 m), ailes totalement recouvertes par 11.628 cellules PV, confort pour le pilote réduit à son strict minimum (lors des essais en vol, l’eau de la bouteille du pilote a gelé à haute altitude, empêchant ce dernier de se ravitailler), Solar Impulse est déjà resté en l’air plus de 26 heures d’affilée.
Forte de ce succès, l’équipe de Solar Impulse a lancé la construction d’un 2ème avion solaire, Solar Impulse II, qui bénéficiera du retour d’expérience de son prédécesseur. A quand le tour du monde sans escale ?
Le Zeppelin solaire
Dans le même ordre d’idée et pour rester la tête dans les nuages, voici remis au goût du jour un concept longtemps oublié depuis l’accident du Zeppelin LZ129 Hindenburg, le 6 mai 1937, lors de son atterrissage catastrophique à Lakehurst où il a pris feu.
A la mode solaire, ça s’appelle un Zeppelin solaire et le premier d’entre eux porte le nom de Sol’R…
Ce pourrait devenir, à terme, la solution pour le transport aérien de passagers. On n’en est pas encore là, puisqu’il s’agit pour le moment de traverser la manche avec une seule personne à bord, mais pourquoi pas ? Ceci dit, passagers pressés, s’abstenir !
Les voitures solaires
Pour les amoureux des bolides à 4 roues, voici de quoi réjouir votre soif de vitesse. La voiture solaire la plus rapide du monde a avoisiné les 90 km/h avec un record du monde établi à 88,738 km/h. Ça décoiffe, non ?
Engins au look futuriste, minimalistes question poids, tous ces véhicules s’affrontent tous les ans depuis 1987 dans une course de 3.021 kms de distance, course connue sous le nom de World Solar Challenge. Elle se déroule sur des routes publiques, de 8h du matin à 17h, l’objectif étant d’accumuler suffisamment d’énergie pour finir la course, si possible, et de préférence en tête. A quand un challenge sur nos belles routes de France ?
Les bateaux solaires
Les bateaux ne sont pas en reste avec l’apparition de concepts ingénieux et de plus en plus audacieux.
Planet Solar, un trimaran dont le pont est entièrement recouvert de cellules photovoltaïques – il ne doit pas faire bon s’y balader pieds nus en plein soleil ! – est en train de boucler son premier tour du monde.
L’idée est intéressante puisque, comme chacun le sait, le trimaran est l’une des formes de bateau les plus performantes en termes de glisse.
Ce qui a donné des idées à certains : Solar Odyssey, véritable laboratoire flottant, suit les traces de son grand frère. Objectif : zéro émission de CO² et un tour du monde à suivre.
Encore plus futuriste, et contrairement aux 2 bateaux ci-dessus qui ne sont que des bateaux à moteur, le catamaran solaire Foscat-32 est un curieux mélange de bateau à voile et de bateau à moteur. Ou comment continuer de naviguer par tous les temps !
Alors, prêts pour un petit tour de bateau solaire ? Pas de problème. A Villefranche-sur-Mer, le Mini-Sun vous y attend pour une croisière inoubliable : le plaisir du bateau à moteur dans un silence absolu désormais à la portée de toutes les bourses. Dépaysement garanti.
Le vélo électrique solaire
Le vélo électrique solaire reste un vélo… De là à imaginer un périple de 13.000 kms s’étalant sur 2 continents et traversant une douzaine de pays, il n’y avait qu’un pas. Que s’est allégrement permis de franchir Floran Bailly qui a effectué cette étrange traversée. Il est clair que du point de vue industriel, son vélo peut encore être perfectionné mais il fallait y penser.
Ceci dit, la société Sanyo a installé à Tokyo des parkings solaires (ombrières de parking) pour recharger des vélos électriques. A considérer pour les futurs Vélib’ à assistance électrique ?
Enfin, le train solaire
C’est certainement l’application industrielle la plus aboutie. Certes, il ne s’agit, en quelque sorte, que d’une centrale PV « en toiture » permettant de couvrir, très partiellement, les besoins en énergie d’un train ; il s’agit néanmoins d’une avancée majeure en termes de changement de mentalités et d’intégration de l’énergie solaire dans l’éventail des possibles.
Conclusion
C’est le signe que les temps changent et que l’énergie solaire n’est plus l’apanage de doux rêveurs. L’énergie solaire s’insinue partout. Lentement mais sûrement. Les pionniers montrent la voie. Avec peu de moyens, beaucoup d’idées et d’ingéniosité.
Lorsque les technologies seront arrivées à maturité, lorsque le coût de l’énergie solaire sera enfin inférieur à la parité réseau, les industriels suivront. Peut-être dans 5 ans. Peut-être dans 10 ans. Mais cela sera.
Demain sera nouveau.








































