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Le Forum Mondial de l’Eau de Marseille s’est-il noyé ?

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 9 mars 2012 à 08h48 0 Commentaire

Bonjour,

Comme nous l’avions évoqué il a plusieurs mois, le Forum Mondial de l’Eau aura lieu cette année en France, à Marseille. Sensé représenter le carrefour de décision sur les politiques de l’eau au niveau mondial, cet évènement qui commence lundi prochain, le 12 Mars, devrait rassembler Chefs d’Etats, collectivités, entreprises et ONG. Le 6e Forum Mondial de l’Eau (6th WWF), appelé le “Forum des Solutions”, ne semble pourtant pas susciter d’interet ni d’agitation… le Forum Mondial de l’Eau de Marseille s’est-il noyé ?

Top Forum mondial eau Le Forum Mondial de lEau de Marseille sest il noyé ?

Un évènement mondial qui ne créé pas beaucoup de buzz

Nous vous avons présenté il y a plusieurs mois le Forum Mondial de l’Eau de Marseille sur cet article, en espérant que l’évènement soit le carrefour des solutions pour l’eau, l’accès à l’eau pour tous. Depuis 3 mois, l’organisation du Forum se prépare bien évidemment, mais qu’en est-il des processus d’élaboration de méthodes, de prise de décision par les élus et chefs d’Etats, des travaux des ONG ? Sur tous ces points là, le silence règne, et plusieurs critiques émergent annonçant la fin du succès du Forum Mondial de l’Eau, dû à sa forte politisation. On annonce même la création d’un Forum alternatif !

Le “6th World Water Forum” commence lundi prochain, et durera une semaine, mais ne créé aucun buzz, ni chez les professionnels, ni chez le grand public ! Cette semaine a vu la diffusion de nombreux communiqués de presse en lien avec le Forum, mais principalement pour annoncer des produits qui seront présentés pendant le forum ! Peu de buzz consacré à l’évènement lui même et les actions.

Econov au Forum Mondial de l’Eau

Le Forum Mondial de l’Eau aura lieu du 12 au 17 Mars. Econov couvrira l’évènement toute la semaine pour vous apporter des informations objectives et, nous l’espérons, innovantes ! Nous ferons le tour des solutions techniques nouvelles, et la synthèse des débats. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez nous rencontrer sur place.

En attendant

Gardons un peu d’humour et attendons la semaine prochaine, peut-être que les solutions du Forum Mondial de l’Eau sont restées bloquées au Vieux Port de Marseille…

 

 

 

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Categories: Eau et Assainissement

Bonjour,

Un court article pendant vos fêtes pour vous parler d’un évènement mondial qui se prépare en ce moment en France : le Forum Mondial de l’Eau aura lieu en 2012 à Marseille ! La campagne de communication est en phase de démarrage, et il est déjà possible de réserver sa place. Rappel du principe de cet évènement.

 

Top Forum mondial eau Le Forum Mondial de lEau à Marseille en 2012, les préparatifs commencent pour l’évènement mondial!

 

Un évènement installé dans le paysage hydraulique

Le forum mondial de l’eau est un évènement mondial qui à lieu tous les 3 ans depuis 1997, avec pour vocation de rassembler les élus de différents pays, les entreprises, les associations, les ONG, afin de les faire débattre sur les solutions à mettre en oeuvre pour résoudre les problèmes d’accès à l’eau, à sa gestion.

D’après le site officiel, le Forum Mondial de l’Eau “mobilise les imaginations, les innovations, les compétences et les savoir-faire, pour faire avancer la cause de l’eau.”

En partenariat avec les Etats et les institutions internationales telles que l’ONU, sa répétition tous les 3 ans fait de cet évènement un rendez-vous installé dans le paysage de l’eau dans le monde. La 6e édition à Marseille sera un cru particulier, puisque la France est un pays reconnu comme leader mondial en matière de développement d’infrastructures pour l’eau.

La 6e édition à Marseille, en 2012

Le forum mondial de l’eau français se veut être celui de la maturité et des actions : “Le temps des solutions et des engagements!” Le déroulement en France aura donc un goût particulier avec la présence des leaders mondiaux qui joueront à domicile: Suez, Veolia, Saur, et bien d’autres sont reconnus mondialement. Toutefois, les références les plus innovantes ne se trouvent pas sur notre territoire…

Le 6ème Forum Mondial de l’Eau innove avec:

  • Une Plateforme des Solutions, qui durera au-delà de 2012, ouverte à la consultation et à la contribution de tous.
  • Une nouvelle Commission, “Racines & Citoyenneté”, créée afin d’impliquer et de mobiliser la société civile.
  • Un renforcement du processus politique, en particulier grâce à des contributions significatives et des engagements de la part de parlementaires et d’autorités locales et régionales du monde entier.

Quelques chiffres

En résumé, les Forum Mondial de l’eau, c’est :

  • 140 délégations ministérielles
  • Plus de 180 pays représentés
  • 25 000 participants attendus
  • Plus de 250 sessions et panels et environ 100 événements « Racines & Citoyenneté »

Des inscriptions ouvertes pour (presque) tous

Le Forum est ouvert à tous ceux qui veulent contribuer et participer à la résolution des défis mondiaux de l’eau. Que vous soyez professionnel, élu, étudiant, membre d’une association, vous pouvez vous inscrire et participer à une semaine de discussions, de débats, de solutions et de partage d’expériences afin de parvenir à des solutions concrètes et à des engagements pour la cause de l’eau.

Des évènements préparatifs dans le monde entier

Ce qu’il faut savoir, c’est que le processus du forum mondial de l’eau est un échange continuel entre les acteurs pendant les 3 années séparant les évènements. Régulièrement se tiennent des conférences sur différents sujets, et des réunions de groupe de travail sur les questions à traiter pendant le forum, ainsi que des points presse par exemple à l’UNESCO (Paris) en Décembre 2011.

Labelliser des projets, un processus à exploiter

L’organisation du Forum propose de labelliser des projets avec le sceau du Forum, mais il faut y proposer des projets selon un processus strict et complexe. Ceci est dommageable, puisque cela laisse peu de chance aux petits projets réalisés avec peu de ressources humaines et financières, puisqu’il faudrait dépenser plus de temps à postuler à la labellisation que de préparer le projet lui-même: ouvrez donc l’innovation à tous !

Ne pas tomber dans le piège du 100% politique

Nous l’avons vu par le passé, et aussi récemment sur les négociations climat, que cela soit à Durban, Copenhague, ou autre, les évènements internationaux risquent d’accoucher de souris. Il y a un temps pour la politique, et un temps pour les actions…et risquer le 100% politique pourrait mener à une déception forte après ce challenge fixé par le 6e Forum, qui est de trouver des “solutions” !

Nous reparlerons du Forum Mondial de l’Eau dans les semaines à venir, afin d’en donner les nouvelles et d’aider à la réflexion sur les solutions, sur Econov’ Technologies & Solutions !

Plus d’informations officielles sur : http://www.worldwaterforum6.org

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Ouvrons le débat sur la gestion de l’eau, une fontaine à idées (partie 2)

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 5 septembre 2011 à 10h26 0 Commentaire

Reprenons notre réflexion sur le débat autour de la gestion de l’eau en France. Après notre bilan de la semaine dernière (voir article ici), voyons aujourd’hui quelles sont les solutions et les idées pour ouvrir et élargir le débat. Rangeons le canon à eau, ouvrons la fontaine à idées!

Top debat eau Ouvrons le débat sur la gestion de leau, une fontaine à idées (partie 2)

Les points à discuter ouvertement

Le débat doit aujourd’hui s’ouvrir autour d’une discussion, des discussions plus exactement. Voici les sujets qui doivent construire le débat.

Des leaders français privés ayant l’expertise de la gestion de l’eau

L’expertise des groupes français en matière d’ingénierie de l’eau est incontestable. Les entreprises sont des leaders mondiaux et développent chaque jour des procédés plus performants pour l’assainissement et la gestion des réseaux sur le long terme.

Veolia, Suez Environnement, Saur et de nombreux sous-traitants sont leaders mondiaux dans la gestion technique de l’eau, aussi bien dans la potabilisation, la distribution, et l’assainissement. Ces acteurs sont reconnus mondialement pour leur qualité d’ingénierie.

Bien d’autres entreprises françaises sont des spécialistes techniques de la production d’eau potable, l’assainissement, et l’entretien des systèmes de distribution.

Il reste à définir le rôle technique des entreprises dans la gestion de l’eau : des référents qui seraient des conseils pour les collectivités, des exécutants de travaux ? La question doit être débattue.

La gouvernance de l’eau

Les responsabilités inhérentes à la gestion de l’eau impliquent de maitriser toute la gouvernance de l’eau. C’est un point très flou aujourd’hui dans la gestion de l’eau, tant dans la production d’eau potable, la distribution, que l’assainissement des eaux usées.

Actuellement, il existe de nombreux cas où les entreprises assurent la gestion complète de l’eau, maitrise d’œuvre et maitrise d’ouvrage comprises. Cette situation empêche tout simplement la remise en question technique et financière des projets.

La question doit se poser principalement autour de la gouvernance de l’eau. Aujourd’hui, les rôles de chacun ne paraissent pas clairs: qui dispose des compétences en termes de Maîtrise d’ouvrage, de Maitrise d’œuvre, c’est-à-dire qui est responsable de la qualité du service et de la maitrise du prix de l’eau. Cette question est posée aujourd’hui par le domaine privé lui-même, avec Isabelle Kocher, Directrice Générale de La Lyonnaise des Eaux : quels sont les rôles à distribuer dans la gestion de l’eau ? Quelles limites fixer entre le public et le privé ? Toutefois le sujet ne semble pas débattu et discuté en profondeur.

Répartir les rôles du privé et du public de manière saine et claire

Comment répartir les rôles dans la gestion de l’eau ? De manière claire et limpide devrait-on dire! L’expérience montre que la répartition actuelle des responsabilités dans la gestion de l’eau n’est pas clairement définie dans les collectivités. Des entreprises qui réalisent l’ensemble des choix techniques et économiques pour les villes, d’autres chargées uniquement de la distribution de l’eau, de l’assainissement, de l’entretien des réseaux, les missions ne sont pas clairement définies selon les villes.

Chacun a probablement un rôle à jouer et des compétences spécifiques : gestion technique, gestion économique, gestion des services, etc. Discutons du rôle de chacun et construisons les ponts.

Recréer le lien avec les usagers

L’eau étant un bien public, l’ensemble de la population devrait donc se sentir concerné par la gestion de l’eau et son avenir. Chacun a son mot à dire sur la question, par la voix des urnes ou par l’engagement associatif.  Etre acteur de la décision sur la gestion de l’eau pourrait responsabiliser les usagers sur les économies d’eau et le prix à payer pour une eau de qualité.

Ce point semble avoir été compris par Eau de Paris, qui a renoué avec son public depuis la gestion en régie des eaux de la Capitale en 2010. Campagnes de communication et actions menées auprès des usagers permettent d’inclure la population dans la gestion des eaux.

Le contact avec les usagers semble passer par l’accès à l’information pour tous et de manière complète. Les moyens sont donc à mettre en œuvre par les collectivités et entreprises afin de partager les informations liées à l’exploitation des ressources en eau.

Un débat Européen

La question de la gestion de l’eau se pose dans plusieurs pays au niveau européen. Des travaux de recherche réalisés à l’UNESCO mettent en évidence plusieurs cas de figures remis en question en Europe. Du modèle totalement privatisé en Angleterre, au modèle de gestion 100% public italien, espagnol ou français (dans certaines collectivités), en passant par le modèle de gestion publique déléguée en Ecosse et aux Pays-Bas. Les questions se posent autour de la fixation du prix de l’eau, l’accès à l’information et de la qualité de service.

Les expériences européennes sont donc également à prendre en compte afin de trouver un modèle d’avenir pour la gestion de l’eau en France. Profiter des retours d’expérience, discuter, débattre, tel est le besoin ressenti aujourd’hui tant par le monde public que privé. Sortons des flots de critiques non constructives, et bâtissons des ponts pour une gestion durable de l’eau.

Vous aussi, demandez le droit d’en discuter ouvertement avec tous les acteurs, qu’ils soient publics, privés, associations, ou autres, afin que la question démocratique de la gestion de l’eau soit réglée. Laissons l’ingénierie aux experts, la gestion aux gestionnaires, et préservons le droit à l’eau pour tous dans des conditions durables.

Retrouvez notre premier article sur le Débat autour de la gestion de l’eau: http://www.econov.eu/2011/ouvrons-debat-gestion-eau-point-reflexion-public-prive-veolia-suez-saur-partie-1/

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Ouvrons le débat sur la gestion de l’eau, faire un point (partie 1)

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 22 août 2011 à 10h26 4 Commentaires

Bonjour,

Vous rentrez peut-être de vacances bien arides, ou bien arrosées, mais vous n’êtes sans savoir que l’été Français a été jusque-là un été pluvieux…alors que le printemps laissait craindre une longue sécheresse!  De quoi peut-être nous faire réaliser que l’eau est une denrée précieuse et fragile, puisque d’elle dépend notre survie. Du côté de la gestion de l’eau, l’actualité a également été mouvementée, avec des renégociations spectaculaires de contrats, et notre interview réalisée auprès d’Eau de Paris (retrouvez ici l’article).

Top debat eau Ouvrons le débat sur la gestion de leau, faire un point (partie 1)

J’ai souhaité mener une réflexion sur le sujet de la gestion de l’eau, qu’elle soit publique ou privée, en prenant en compte l’aspect technique, l’aspect économique et l’aspect politique. Je vous livre une synthèse en deux volets, avec un premier volet consacré aujourd’hui au bilan français de la gestion de l’eau.

L’accès à l’eau est aujourd’hui mondialement considéré comme un droit, mais nous savons que les ressources en eau potable risquent de diminuer sur la planète entière. Dans les pays occidentaux, où l’accès à l’eau semble assuré pour tous, la période de « l’eau facile » touche également sa fin. En France, les prix de plus en plus élevés ont créé des mécontentements et les voix s’élèvent pour revoir le modèle de gestion de l’eau en France. Public ou privé ? Le débat existe, mais peine à faire émerger de nouvelles idées… Parlons-en !

L’eau, un bien public

L’eau est reconnue par tous comme un bien public. Au sens du droit mondial, l’accès à l’eau est reconnu comme un droit essentiel. Ce bien public doit donc être partagé avec toute la population pour servir les différents besoins de la société : alimentation, agriculture, industrie, hygiène, etc. Les services liés à un bien public devraient donc profiter à tous et à un prix acceptable, avec une priorité donnée à la qualité plutôt qu’à la rentabilité.

Or le prix de la gestion de l’eau par les entreprises privées est aujourd’hui remis en cause, car vu comme une rente financière confortable, sans vision sur le long terme au niveau de l’exploitation et la qualité de service. La gestion de ce bien public est donc remise en cause, en opposant les gestionnaires privés et les gestionnaires publics.

De scandales en débats

Les faits sont désormais nombreux dans le domaine de l’eau en France, notamment autour de sa gestion et de sa gouvernance. Plusieurs scandales ont vu le jour, et de nombreuses questions se posent. A Grenoble par exemple, c’est la corruption qui a couté le poste au Maire de la Ville (Alain Carignon) en 1995, où la gestion de l’eau avait été entièrement privatisée. Historiquement, c’est le premier cas en France dans les années 1990. En quelques mois, la ville est passée du système privé à un système mixte puis à une régie publique totale à partir du 1er janvier 2000. Cela demeure le symbole d’une résistance à la fois de quelques élus et associations d’usagers et des environnementalistes. D’après la Fondation France Libertés, “le cas de Grenoble n’a cependant pas suffit à engendrer un mouvement d’envergure nationale, bien que quelques autres cas de remunicipalisation sont à noter entre 1995 et 2003″.

A Paris également, nous avons vu il y a quelques semaines avec Mathieu Souquière que l’histoire de la remunicipalisation de la gestion de l’eau a été mouvementée (retrouvez ici l’article), et nous savons tous que la gestion en Ile-de-France fait débat autour du SEDIF. La gestion de Veolia est reconduite sans véritable renégociation, ce qui met les associations en rage…

C’est donc l’absence de discussion et le peu d’information qui créent ce malaise au sein de la gouvernance de l’eau. La gestion de l’eau et ses débats sont bien trop souvent politisés et deviennent des critères d’appartenance à la Gauche ou à la Droite…

A quand le vrai débat démocratique de l’eau…?

De timides initiatives de débat

Plusieurs initiatives ont été lancées afin de créer un échange de point de vue entre les « pro-public » et « pro-privé ». Le processus des « Idées neuves sur l’eau », lancé par la Lyonnaise des Eaux (Suez Environnement), a ainsi permis aux internautes, aux experts de l’entreprise et aux élus français, d’échanger sur l’avenir de la gestion de l’eau en France.

Ces initiatives, souvent taxées de partialité, restent timides, puisqu’elles ne permettent pas de remettre en cause entièrement le modèle actuel, ni de proposer des solutions concrètes en matière de gouvernance et d’améliorations techniques.

Sortir des débats passionnés, entrer dans le débat constructif

Le débat autour de la gestion publique ou privée de l’eau en France existe, mais se présentent principalement sous la forme d’affrontements entre militants « pro-public » et entreprises privées. Les entreprises privées défendent le modèle de gestion privée des eaux, aussi bien pour la production d’eau potable, sa distribution, et pour son assainissement. Les militants pour la gestion publique de l’eau défendent le fait qu’un service public doit être géré en régie par les collectivités, afin d’éviter la recherche de rentabilité, l’augmentation des prix pour les consommateurs, et une amélioration durable de la qualité de l’eau.

Bras de fer dans les renégociations de contrats, discussions dans les collectivités, les débats actuels sont toujours passionnés et effacent les réels enjeux dans la séparation entre les rôles du privé et du public.

Citons par exemple le cas de l’Ile de France, où il existe une forte contestation de la gauche, et un passage en force de la prolongation du contrat du SEDIF avec VEOLIA EAU, sans discussions préalables dans la décision avec les élus de la région ou encore les usagers.

Voici les faits, et un très rapide bilan de la situation autour du débat sur la gestion de l’eau en France. Voyons dans un second volet quelles sont les idées et réflexions à mener pour un débat plus ouvert et efficace…

Lien vers le volet No2 : à venir

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Le recyclage des eaux usées, du chemin innovant à parcourir en France …

Posté par Alexandre Goncukliyan Le 24 juin 2011 à 17h00 2 Commentaires

L’eau est amenée à devenir une denrée rare, et ce même dans les pays occidentaux. Assainir les eaux usées est une pratique courante dans tous les pays. Cette eu, une fois traitée, est rejetée dans la nature. Le recyclage des eaux usées est quant à lui un moyen assez peu utilisé. Les solutions existent et peuvent être utilisées dans l’agriculture, l’industrie, l’habitat. Mais il semble qu’il faille encore évoluer dans les techniques et les mentalités pour développer cette filière. On parle même de produire du biocarburant avec des eaux usées !

droplet 001 253x300 Le recyclage des eaux usées, du chemin innovant à parcourir en France ...

Les procédés existent

Le recyclage de l’eau n’est rien d’autre que la prolongation de ce que nous faisons déjà aujourd’hui : l’assainissement des eaux, qui en sortie de traitement, pourraient être réutilisées directement pour différents usages. Au lieu de rejeter les eaux traitées dans la nature, réutilisons-la ! Le changement à opérer au niveau des techniques ne semble pas insurmontable. Toutefois, cela demande un niveau de traitement plus élevé au niveau des eaux usées.

Que cela soit en collectif ou non collectif, en assainissement chimique, biologique ou naturel, les procédés d’assainissement total existent, et permettent de réutiliser les eaux traitées :

  • Bioréacteurs utilisant les bactéries pour nettoyer l’eau
  • Filtres de roseaux
  • Filtres à membranes
  • Osmose inverse
  • Filtres UV
  • Précipitation chimique d’éléments

Plusieurs procédés techniques pourraient être détaillés, mais nous voulons éviter de mettre en avant des sociétés particulières et réservons les cas techniques pour de prochains articles.

Toutes les eaux peuvent être recyclées, pour différents usages, pourvu qu’elles soient traitées de manière spécifique, selon les produits qu’elles contiennent. Les eaux industrielles contiennent par exemple des métaux lourds, les eaux d’habitation plutôt des huiles. Les traitements doivent être dédiés.

Les eaux usées, eaux grises et eaux noires

Il existe donc plusieurs types d’eau, que l’on peut traiter différemment. On appelle eaux grises, les eaux savonneuses issues des lavabos, des douches et bains. Ces eaux ont la particularité d’être peu chargées. Ces eaux sont recyclables facilement avec des traitements simples, et surtout naturels.

Les eaux noires sont celles issues de toilettes, chargées d’urines et excréments. Ces eaux ne sont pas sensées contenir de produits chimiques, et peuvent être également traitées de manière simple. Un traitement naturel et bactérien semble être la meilleure solution pour purifier l’eau. Il faut tout de même faire attention au risque de prolifération de bactéries.

Economies et rentabilité au rendez-vous

L’eau recyclée est gratuite pour son second usage, hormis le coût d’investissement pour la purification ! Le procédé est très simple pour les eaux issues de l’habitat, surtout si les eaux grises et eaux noires sont séparées. Contrairement à d’autres ressources dont la régularité reste aléatoire, le volume d’eau grise est régulier sur l’année.

Les systèmes proposés aujourd’hui sont rentables pour un réel usage de l’eau recyclée, notamment avec un coût de l’eau distribuée croissant. Le retour sur investissement se calcule en fonction de la taille de l’installation et du volume de traitement journalier. L’ordre de grandeur de ROI (retour sur investissement) est entre 5 et 10 ans selon la solution.

Une réglementation française qui freine le développement des techniques

Longtemps, la réglementation française a interdit tout recyclage d’eau, même l’eau de pluie, pour les applications de l’habitat, de l’industrie et de l’agriculture. Durant cette période, bon nombre d’innovations ont été noyées par la réglementation rigide. Pendant ce temps-là, les solutions ont été mises en œuvre dans d’autres pays, plus souples : Espagne et pays arabes principalement.

Des changements récents de réglementation porteuses d’espoir

Toutefois, la réglementation française évolue vers l’acceptation de l’utilisation alternative des eaux. Cela a commencé par l’autorisation de l’utilisation des eaux de pluie pour les particuliers en 2009, pour un usage dans les toilettes.

L’arrêté du 2 août 2010 autorise quant à lui l’utilisation d’eaux issues du traitement d’épuration des eaux résiduaires urbaines pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts. Cela fait démarrer la filière du recyclage au sein des collectivités. Déjà une première étape de franchie ! Nous pouvons espérer allez plus loin bientôt.

Les applications nombreuses à l’étranger

Les entreprises innovent déjà à l’étranger et proposent des solutions de recyclage des eaux usées dans le domaine de l’agriculture, de l’industrie, de l’habitat. En Espagne, en Israël, dans les pays Arabes, les solutions ont été développées par les entreprises Françaises, tel que Degrémont Suez ! Pourquoi pas en France ?

Top RecyclageEau Le recyclage des eaux usées, du chemin innovant à parcourir en France ...

Le recyclage dans l’agriculture

Le recyclage des eaux usées est très pratiqué dans les zones rurales et agricoles à l’étranger. C’est le cas en Espagne et en Israël, ou environ 75% de l’eau est recyclée ! L’eau usée utilisée subi un premier traitement afin d’éviter la prolifération de bactéries.

Cette utilisation permet plusieurs apports, mais présente des risques :

  • Apport des nutriments nécessaires à la culture des fruits et légumes
  • Irrigation à moindre coût
  • Assainissement avec les fruits et légumes
  • Contamination possible si l’eau ne sont pas d’une qualité minimale
  • Risques de la présence de résidus de médicaments dans l’eau, qui seraient absorbées par les plantes

Le recyclage des eaux usées est donc une solution qui pourrait être fortement rentable, mais à surveiller au niveau de la qualité des aliments produits. Ce procédé est dejà largement utilisé dans le monde entier.

bambou1 224x300 Le recyclage des eaux usées, du chemin innovant à parcourir en France ...

Le recyclage dans l’habitat

Les applications semblent réservées à l’habitat neuf plutôt que les anciennes habitations. C’est compréhensible au niveau économique, puisque cela engendre des travaux de remise à niveau conséquents dans l’habitat ancien : déployer un réseau de tuyauterie spécifique pour les eaux grises a un coût rendant l’opération peu rentable.

Les applications pourraient cependant se généraliser dans la construction neuve, notamment avec des réglementations adéquates. Ailleurs qu’en France, des solutions permettent de recycler l’eau dans les bâtiments pour utiliser les eaux usées dans les toilettes avec un système de filtration en local.

Des changements nécessaires dans les esprits

Le recyclage des eaux usées peut être développé en France. C’est surtout un changement de l’opinion sur la question qui doit s’opérer. Sortir des préjugés de l’eau « sale et polluée », penser à innover pour revoir le cycle d’utilisation de l’eau, ce sont les esprits qui doivent innover. Mais pour cela, nous voyons qu’il y a du chemin à parcourir.

L’innovation durable pour le développement du recyclage : vaste programme

L’innovation est encore nécessaire au niveau technologique et au niveau sociologique pour faire accepter le recyclage des eaux usées, au lieu de déverser les eaux dans la nature. Ne laissons pas la nature payer pour nos déchets. Cette innovation doit se faire de manière différente et intégrer les contraintes écologiques et sanitaires à la fois. Les économies seront au rendez-vous, puisque l’eau recyclée peut être utilisée de manière gratuite.

Nous décrirons les solutions d’épuration d’eau écologiques et les innovations dans plusieurs articles qui suivront !

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