
Bonsoir,
Voici un article dans l’air du temps, puisqu’il traite de notre hiver 2010/2011. Nous avons connu au mois de Décembre 2010, dans toute l’Europe, de fortes chutes de neiges sur une période assez longue puisqu’ayant duré plusieurs semaines. Un fait qui s’était raréfié sur le territoire français depuis plusieurs années.
Egalement les mois de Novembre et Décembre 2010 ont été les moins ensoleillés depuis plus de dix ans. Certains y verront des arguments pour montrer que le réchauffement climatique n’a pas lieu, d’autant plus que ce phénomène de rigueur d’hiver semble être durable et s’accentuer d’année en année. Ceci soulève en réalité des enjeux et questions plus importantes: doit-on s’inquiéter de cette évolution de fraîcheur? Est-ce un phénomène passager (idem canicule 2003) ? Comment étudier ces phénomènes, et les prévenir ? Et pour les épisodes de neige, quels moyens mettre en place en France pour éviter la “pagaille” ? Le salage des routes est-il la solution à court terme, ou doit-on investir dans des machines de déneigement (en prenant exemple sur les pays enneigés régulièrement comme le Canada)?
De fortes chutes de neige, et des habitants peu préparés en pleine période de “rush”
En pleine période de préparation aux fêtes de Noel, et aussi de finalisation des affaires professionnelles, les Français automobilistes ont été pris au piège par la neige, sans doute car nous ne croyions pas à la possibilité d’une paralysie totale des routes. Dans les transports en commun également, les difficultés de circulation étaient de mise.
Pourtant, les gens pressés de rentrer chez eux, ou de faire leurs courses, se sont rués sur les routes, et ont pu créer un nouvel art dans un nouveau paysage blanc, voici quelques exemples:

Au delà des plaisanteries, le nombre d’accidents et de tôles froissées montrent à quel point le danger à été mésestimé ! Ceci montre d’une part un manque d’information, et aussi un manque de prise de conscience. La sécurité ne doit pas être oubliée!
Des couts non négligeables pour les collectivités et les contribuables
Face à de telles intempéries, les coûts de résolution et de gestion des crises s’élèvent très vite, et la facture devient vite salée: déneigement, secours, salage, accidents, réparations de voitures, de chaussées, de trottoirs, etc.
La facture du sel
Ces coûts non prévus sont absorbés par les victimes, les collectivités, les contribuables, l’Etat, c’est à dire tout le monde. Les critiques ont fusé de toute part pour dénoncer le manque d’information et de moyens mis en oeuvre, mais quels sont les moyens des villes en matière de neige? En effet, en y réfléchissant bien, le moyen de la plupart des villes non habitués reste… le sel. Saler pour faire fondre la neige, éviter le verglas et la patinoire sur les routes et les trottoirs.
Comme soulevé en Décembre 2010 à la radio RMC par Stéphane Gatignon, le maire de Sevran, une ville de 50 000 habitants en région parisienne (http://stephanegatignon.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/12/21/le-sel-coute-cher-et-est-dangereux-pour-l-environnement.html), “le sel coûte cher aux collectivités et est dangereux pour l’environnement”. De plus, l’utilisation du sel en grande quantité provoque la pénurie dans les villes.
Les collectivités doivent ainsi payer le sel, et le salage dans toutes les rues de leur ville. Une facture bien salée pour permettre aux gens de circuler en tout temps.
Investissement à faire pour être prêt à l’épreuve de la neige et couts d’exploitation en vue
Pour déneiger les routes en cas de forte neige, le sel ne suffit plus: il faut des dé-neigeuses, que l’on peut voir dans les régions souvent enneigés en France, permettant de racler le sol pour nettoyer la neige et éviter la boue et le verglas. Ceci représente un investissement considérable pour une ville, si l’on compte plus de 50 000€ par véhicule, soit plusieurs centaines de milliers d’Euros à amortir sur une dizaine d’années. Sans compter que comme tout véhicule, les couts de maintenance et d’exploitation de ces outils s’élèveront eux aussi à plusieurs milliers d’euros par an! Tout cela pour quelques jours par an…ou décennie!
Voici un petit format de dé-neigeuse (Mairie de Metz)
Des prévisions difficiles
On peut vouloir être prêt à toute épreuve, et à tout moment. Toutefois il faut reconnaître que les prévisions de ces phénomènes sont très difficiles, dans nos contrées tempérées où le climat paraît assez équilibré entre le chaud et le froid, et où de manière générale les phénomènes climatiques restent limités en conséquences.
Des effets sur l’environnement négligés

Au delà du coût, le blog Econov souhaite relever les conséquences du salage et du déneigement sur l’environnement. En effet, le sel déversé abondamment sur la chaussée, va s’écouler avec l’eau dans les égouts, les tuyaux d’évacuation des eaux de pluies et eaux usées. Or l’eau salée, c’est bien connu, constitue une solution chimique très agressive envers tous les matériaux: vos chaussures en prennent un coup, mais aussi les structures métalliques, les chaussées également.
Ainsi, ses eaux salées vont ronger tout sur leur passage, et arriver dans les stations d’épuration, non prévues pour assainir des eaux salées. Les effets sur l’environnement sont donc importants, mais non visibles aux yeux de tous.
D’autre part, le déneigement ne peut se faire sans émission de CO2 utilisé par les machines, pour leur fabrication et pour leur entretien. Certaines villes utilisent des dé-neigeuses thermiques au lieu du salage, permettant de faire fondre la neige en chauffant le sol: ce qui déporte le problème de la pollution en sel vers l’émission de CO2 en produisant de l’énergie thermique!
Besoin de se déplacer par tous les temps?
Au delà de la gestion de la neige en France, c’est la question de notre besoin de mobilité par tous les temps, et notre capacité à absorber les contraintes naturelles en ces jours modernes. Ne peut-on rester chez soi un jour, voire deux, si les conditions météorologiques sont dangereuses? Les moyens technologiques permettent désormais pour de nombreuses personnes de travailler à distance, il reste à le faire comprendre et l’appliquer en ces jours difficiles.
Vivre de manière durable, c’est peut-être arrêter de se fixer sur les habitudes, accepter les conditions météorologiques et savoir ralentir pour préserver sa sécurité et l’environnement.
Crédits photos: Thomson Reuters